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mercredi 21 avril 2021

Trois ans.



Il y a trois ans, un beau matin, j'ai redressé dans mon lit mon corps lourd et inconfortable, et c'est là, à ce moment précis, que j'a perdu les eaux. "Serait-ce donc aujourd'hui ?" me suis-je dit. J'étais à deux semaines du terme, c'était ma foi plausible.

Nous avons laissé nos aînés chez mon amie qui, je le savais, s'occuperait d'eux de façon extraordinaire. Ainsi j'étais parfaitement sereine de ce côté-là. 

Pour le reste, les obstétriciens m'avaient recommandé la plus grande hâte. "Vous comprenez, Madame, c'est un 4ème accouchement, ce bébé risque donc de naître très vite !" (comprenez "en moins d'une demi-heure", or j'habite à 40 minutes de la maternité), mais dans la mesure où je ne ressentais absolument aucune contraction, j'étais plutôt dubitative. 

Non sans raison. 
Arrivée à la maternité à 9h, j'ai finalement mis au monde cet enfant... le soir à 20h.
Mettant ainsi fin à la période la plus noire qu'il m'ait été donné de vivre au cours de ma vie.

dimanche 15 avril 2018

38SA

Allez, une semaine de plus au compteur.

Une semaine que bébé aura pu mettre à profit pour se faire un peu de gras. Enfin, s'il le peut, parce que côté maman c'est pas la joie.


On ne peut pas dire que je sois énorme, on dirait un macaroni qui aurait avalé un petit pois.

Hier matin, probablement grisée par une semaine de bonne santé (relative) j'ai commis la folie de manger un (très très) minuscule morceau de croissant au beurre issu du petit déjeuner familial.

Bon, il est vrai que cet écart arrivait à la suite de plusieurs petits autres cette dernière semaine. Et je me doutais qu'à terme, Vésiculette m'enverrait un bon coup de pied au derche pour me re-discipliner un peu.

Bingo : j'ai été très malade, vraiment au bord de la crise, je dirais.
Je ne recommencerai certainement pas.

J'ai commencé à me sentir mal vers 14h, avec nausée et frissons.

Heureusement, mon ami le vinaigre de cidre m'a permis de tenir le coup et d'être opérationnelle pour ma très précieuse séance de photo maternité, prévue hier à 17h de longue date. J'avais tellement peur d'avoir accouché avant !

Par contre en rentrant chez moi, je ne faisais pas la fière... la douleur caractéristique était bel et bien là, la nausée très forte, les frissons... direct lit et bouillotte chaude sur le foie/pancréas/vésicule.... les douleurs ont cessé vers 21h.

C'est souvent comme cela en Vésiculie. On suit le régime de façon stricte, alors Vésiculette est contente, alors on se sent graduellement un peu mieux, alors on imagine qu'on peut intégrer des petits grains de folie à notre alimentation terne et triste... haha ! Et Vésiculette se charge de nous ramener à la réalité bien vite.

En mon absence, PapaChan a réorganisé la chambre pour y ajouter le lit de JoliBébé et la commode pour ses affaires, que j'ai pu ranger ce matin. C'était la dernière grosse étape. JoliBébé peut vraiment arriver désormais.


jeudi 12 avril 2018

Naviguer en Vésiculie : le vinaigre de cidre

Aujourd'hui, j'ai envie de parler un peu de mon meilleur ami, j'ai nommé : le vinaigre de cidre.



La lithiase biliaire

Pour rappel, les calculs biliaires sont des dépôts essentiellement constitués de cholestérol durci. Ces "cailloux" se forment dans la vésicule biliaire, et peuvent varier en taille, allant depuis la taille d'un gain de sable (on les appelle alors micro-calculs, ce sont les plus enquiquinants car de par leur petite taille, ils migrent plus facilement) jusqu'à celle d'une balle de golf.

Généralement, ce sont les mauvaises habitudes alimentaires (trop de graisses saturées, de graisses cuites, de sucre raffiné, etc) qui sont la cause principale de la survenue de ces calculs mais on note aussi parmi les autres facteurs de risque l'obésité, le diabète et... la grossesse (-_-).

La plupart des personnes qui vivent avec des calculs biliaires l'ignorent, car ils restent longtemps asymptomatiques, jusqu'au jour où... les premiers symptômes arrivent, avec eux la douleur.

Au départ, ces symptômes ne sont que peu inquiétants et on peut les confondre avec des affections courantes : mauvaise digestion des repas, le sentiment d'être lourd ou ballonné, des nausées, des vomissements, des renvois acides et des selles claires, non moulées.

Puis, au bout de quelques temps, souvent au terme d'un repas un peu gras et copieux, une douleur violente et soudaine fait son apparition, particulièrement en haut à droite de l'abdomen, irradiant parfois jusqu'à l'épaule, coupant la respiration.
Ceci arrive lorsque finalement, un calcul migre depuis la vésicule vers ailleurs en passant par l'un des très fins canaux biliaires, et comme à chaque fois qu'un calcul passe quelque part, le passage ne se fait pas sans une douleur fulgurante, insupportable.

C'est ce que l'on appelle la crise de colique hépatique.

C'est ma maladie. Je vis avec au quotidien depuis cet automne.


Là où le Vinaigre de Cidre entre en jeu

On lui connaissait déjà pas mal de qualités.

Quand ma maladie a été diagnostiquée officiellement, j'ai arpenté et lu les publications postées sur les divers groupes de parole consacrés à la lithiase biliaire. Comme souvent, il y avait un peu à prendre et beaucoup à laisser, mais en tout état de cause, les mérites du vinaigre de cidre revenaient sans cesse, notamment pour aider à calmer la douleur pendant les crises, mais aussi pour espacer ces dernières.

Pour rappel, ma première grosse crise a duré presque deux heures. La seconde, au moins 8 heures.

Pour la troisième, qui s'annonçait ma foi bien costaude, j'ai donc fait un test. J'ai dilué 3 cuillerées à soupe de vinaigre de cidre dans un demi-verre de jus de pommes. La crise a stoppé net en 20 minutes.

Alors bien sûr, il reste évident que le meilleur moyen d'éviter une crise reste une alimentation composée de beaucoup de fruits frais, de légumes, laisser de côté tous les aliments transformés, les matières grasses, les aliments frits, la junk food de façon générale, mais aussi beaucoup d'autres aliments considérés "sains" comme les produits laitiers, les oeufs, la viande rouge...

Ceci étant dit, depuis ma dernière crise je consomme du vinaigre de cidre tous les jours. J'en verse un peu, directement sur mes aliments. Je réserve le jus de pommes aux crises car c'est quand même très sucré et Vésiculette ne tolère pas trop bien le sucre.
Et depuis mon retour à la maison (plus d'un mois et demi à l'heure où j'écris ces lignes) non seulement je n'ai pas eu de nouvelle crise, mais je dois également dire que je ne souffre plus des symptômes habituels de la maladie (nausées, diarrhées, etc).

Alors je vais malgré tout rester extrêmement prudente : je ne peux en aucun cas affirmer, ici ou ailleurs, que c'est le vinaigre de cidre qui en est la cause de cette amélioration. Très effrayée par mon épisode de pancréatite, j'ai également veillé à ne pas commettre d'impair alimentaire ces dernières semaines.
Mais j'ai intégré le vinaigre de cidre à chacun de mes repas, et j'en ai même mis une bouteille dans ma valise de maternité, c'est dire...

Attention cependant : il faut prendre bien soin de consommer un vinaigre de cidre non pasteurisé, bio, qui n'a pas été filtré et contient donc l'indispensable dépôt que l'on appelle "mère".

Il faut également rester raisonnable dans sa conso journalière : même si le vinaigre est une aide précieuse en Vésiculie, trop en consommer peut endommager l'émail dentaire ou même la paroi de l'œsophage.

lundi 9 avril 2018

37SA

Voilà, on y est.


A partir de maintenant, je sais que si je dois me rendre en urgence à l'hôpital pour une cholécystite ou une pancréatite aigüe, on fera naître le bébé. Il n'est désormais plus considéré comme prématuré.

Un poids se lève de ma poitrine... j'avais lu tellement de choses affreuses concernant les accouchement prématurés dus à des soucis de vésicule. Je suis heureuse d'être arrivée jusqu'ici.

Bébé est toujours tête en bas, dos à gauche. Les mouvements se font moins intenses, mais il ou elle tente du mieux qu'il peut de s'étendre et de s'étirer, ce qui donne naissance à de grosses bosses rigolotes sur le côté gauche de mon abdomen..

J'ai quelques contractions de temps à autres, mais rien qui soit réellement de nature à modifier le col, je pense. Cela reste assez soft. Beaucoup de douleurs ligamentaires sous le pubis par contre : tant mieux, c'est signe que toute la zone s'assouplit.

Update concernant le CoxsackieVirus : on est à j+7 depuis que la période de contagion a débuté. Je n'ai rien pour l'instant. Petit Garçon n'a plus de symptômes donc je me relâche un peu (même si je sais qu'il continue à excréter le virus dans ses sécrétions corporelles pendant 2 semaines).

Petite Chérie est en revanche rentée de l'école avec une fièvre à 39,3° ce soir, à suivre donc.

Je pense par contre que j'ai une mycose dans la bouche, j'ai ces symptômes depuis ma dernière hospitalisation et je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être, mais là le doute se mue peu à peu en certitude. J'espère que l'on pourra me soigner malgré ma grossesse car c'est assez douloureux.

J'ai toujours très faim. Hâte de pouvoir me relâcher sur ça aussi. Je ne fais toujours aucun écart, je ménage Vésiculette au maximum.

J'avance sur la valise, avec un peu de layette de laine ajoutée aux préparatifs.


vendredi 6 avril 2018

Déjeuner en Vésiculie


Voilà, un déjeuner en Vésiculie, c'est ça. Tous les jours.

Avec de très légères variations : les haricots plats peuvent être remplacés par des haricots verts, ou des asperges vertes, mais rien d'autre. Beaucoup d'autres légumes sont difficilement digestes et ne passent pas.
Le poisson bouilli peut quant à lui être remplacé par du filet de dinde bouillie ou du blanc de poulet, bouilli aussi of course. Mais là encore, absolument rien d'autre. La viande rouge est rigoureusement proscrite, ainsi que les autres viandes blanches.

Sans rien dessus, jamais, autre qu'un filet de vinaigre de cidre (j'y reviendrai).



La taille de la portion ne doit quant à elle jamais être plus importante que ça, c'est vraiment le grand maximum.

J'en ai tellement par-dessus la tête de manger ceci chaque jour qui passe depuis le mois de décembre (soit près de 4 mois maintenant...) que bien souvent, je ne trouve même plus le courage ni l'envie de me lever pour aller le cuisiner, de sorte que quand vraiment j'y vais car je sens les effets de l'hypoglycémie, il est déjà 15h.

Update CoxsackieVirus : 

Rien aujourd'hui. Je ne vois rien sur mes mains ni sur mes pieds. Dans ma bouche c'est un peu en vrac depuis ma dernière hospitalisation (il faut que je consulte à ce sujet, j'ai probablement une mycose), mais rien, pour l'instant, qui ressemble aux vésicules de Petit Garçon. Pas de fièvre non plus.

Nous sommes toujours dans la période d'incubation. En 2016, j'avais compté 10 jours entre le moment où Petit Garçon avait fait son pied-main-bouche et le moment où le mien était apparu. En admettant qu'il ait été contagieux dès lundi : nous sommes donc à 5 jours. A mi-chemin.

C'est très dur car nous sommes, de surcroît, dans une période où PoupiGarçon attend et demande beaucoup de moi sur le plan affectif. Difficile pour lui de me voir bcp plus distante depuis mercredi, et d'en comprendre véritablement la raison.
Je ne peux plus lui tenir la main (il aime donner la main pour s'endormir) car ses mains sont pleines de vésicules papuleuses. Je limite beaucoup les bisous et les câlins, forcément.
Il n'a que 3 ans. Nous sommes très fusionnels. Pour lui, ce qui arrive est une tragédie.

Alors cette nuit, réveillé en sursaut par PapaChan qui s'est mouché avec un vacarme que ne renierait pas un semi-remorque, il a pleuré environ une bonne demi-heure en réclamant un "câlin-maman", que nous avons été obligés de lui refuser... des moments horribles comme ceux-là je n'en souhaite vraiment à personne.

dimanche 1 avril 2018

Joyeuses Pâques ! (recette inside)

Autrefois, j'étais une véritable maman-gateau.

Je cuisinais et pâtissais sans cesse pour mes enfants, leur refusant ces cochonneries industrielles bourrées d'additifs.
Il faut dire que la cuisine est une véritable passion chez moi et puis, comme je suis moi-même très gourmande, je joins ainsi l'utile à l'agréable...

Mais depuis que je me balade en Vésiculie, je ne suis plus la même maman. :(

Cuisiner pour les autres est devenu une torture, d'abord parce que je ne peux pas manger ce que je fais (alors que je meurs de faim), je ne peux même plus goûter à mes préparations pour en vérifier la cuisson ou l'assaisonnement sans risquer le courroux de Vésiculette, donc au final le résultat n'est souvent pas terrible.

Et enfin l'énergie pour me mettre aux fourneaux me manque souvent parce que je suis anémiée et extrêmement affaiblie/fatiguée par la dénutrition, rester debout pour cuisiner me demande un effort physique tel que je n'y arrive plus...

Du coup depuis quelques semaines je leur fais beaucoup de nourriture industrielle, de plats tout prêts, etc. L'idée même m'horrifie, mais comment faire autrement... Je suis vraiment faible, rester debout longtemps est un pari que je ne peux plus tenir.
Je dois cuisiner plusieurs menus différents : le mien, et le leur... double dose de travail.

Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais... C'est seulement temporaire certes, mais c'est quand même à des lieues de la maman que j'étais...

Mais au fond de moi bouillonne l'envie de me remettre aux fourneaux. Alors quand Vésiculette me laisse un peu de répit dans la douleur, j'essaie...

Pour Pâques cette année, j'ai donc entrepris de confectionner moi-même les oeufs kinder que mes petits aiment tant.


J'ai sorti le moule à oeufs, le pinceau, et fait les emplettes nécessaire au bon déroulement de l'opération :


Pour faire les oeufs kinder, je fais d'abord fondre le chocolat au lait (120g) au micro-ondes, je badigeonne les empreintes au pinceau, je réfrigère 30mn, puis je fais pareil avec le chocolat blanc (120 g).
Puis je démoule.


Et enfin j'assemble. 

Pour ce faire, je passe chaque moitié d'oeuf un instant sur une assiette tiédie au micro-ondes, et je les colle face à face.

Il est possible, avant l'assemblage, de glisser une surprise à l'intérieur, ou d'autres petits chocolats, bonbons, etc.


Gros succès, même auprès de Fils Aîné qui doit pourtant être l'un des très rares enfants à ne pas aimer le chocolat.

36SA

1er avril 2018-

Voilà, j'atteins 36SA aujourd'hui.

Je vais entrer dans mon 9ème mois cette semaine, ce qui veut dire que si bébé naît à partir de dimanche prochain (dans une semaine), il ne sera plus prématuré.



Même si elle me casse les pieds 100% du temps, je suis reconnaissante à Vésiculette de m'avoir laissée arriver jusque là sans trop d'embûches.

Sans embûches autres qu'une fringale permanente, j'entends. J'ai tellement, tellement faim. Tout le temps.

Spécialement aujourd'hui, avec les quelques travaux de jardinage que j'ai réussi à faire en extérieur, mon corps réclame du sucre à corps et à cris...  et il se trouve que j'ai confectionné des muffins framboise/chocolat blanc pour le goûter des enfants.



Typiquement le cas de figure où je me suis faite avoir la dernière fois. "J'en ai tellement envie... un petit morceau, ça ne pourra sûrement rien me faire..." et paf, pancréatite aigue, huhu.

Je ne commettrai pas la même erreur cette fois-ci, mais mon dieu ce que c'est difficile.

vendredi 30 mars 2018

Petit Déjeuner en Vésiculie

J’ai essayé beaucoup de choses pour parvenir à quelque chose d’équilibré et de complet.

Le jambon de dinde (c’est pourtant vraiment très peu gras… mais c’est un aliment transformé, en effet).

Le porridge à base de flocons d’avoines complets et de lait végétal. Sans sucre, sans rien.

Le jus de pommes, bio évidemment.

Un tout petit peu de miel...

Rien à faire, Vésiculette dit non.

Donc je reste depuis décembre sur le modèle suivant :



– Pain complet.
– L’équivalent d’une cuiller à café d’huile d’olive crue répartie sur le pain (mon unique apport de lipide sur la journée entière, mais il est nécessaire. Il est important par contre de le prendre le matin car plus tard en journée, c’est colère de Vésiculette assurée).
– Pruneaux et abricots secs.
– Une petite banane.
– Une infusion (quand j’ai le temps).

Cela manque de calcium et de protéines, mais tant pis. C’est la seule chose qui passe et c’est rassasiant.

Bien sûr, je rêve d’un magnifique petit déjeuner, avec du pain de campagne croustillant, du beurre, de la confiture, du bon jambon blanc, un jus de fruits, des viennoiseries encore tièdes.
Pour cela il va falloir attendre….

Comme pour tous mes autres repas, je dirais que ce qui est particulièrement lassant c’est le fait d’avaler tous les jours la même chose. Aucune fantaisie, jamais aucun changement.

Mais je suppose que je peux m’estimer heureuse que ces aliments-là, au moins, « passent » encore...

mardi 20 mars 2018

Visite du 8ème mois

20 mars 2018-

En cette magnifique journée, j'avais rendez-vous à 9h30 avec le Professeur C. et à 10h30 avec l'anesthésiste, bien sûr toujours au CH de Monaco.

Et forcément... dans l'état d'épuisement extrême qui est le mien, j'ai interverti les deux rendez-vous : à 9h00 pétantes j'étais dans la salle d'attente de l'anesthésiste.

Le Professeur C. faisait la tronche de me savoir arrivée à 10h (alors que de toutes façons il était au bloc jusqu'à 10h20 pour un accouchement donc mon retard n'a probablement pas changé grand chose à son planning... bref).

Il a donc expédié la visite en 5 minutes, hop hop hauteur utérine ok, hop hop doppler foetal, hop hop prélèvement streptocoque du 8ème mois et vérification du col, hop hop tension et pesée (63 kilos, au secours), hop hop un coup d'oeil à ma petite phlébite, et "allez, au revoir".

J'aurais voulu que l'on reparle de l'éventualité d'un déclenchement anticipé vers 37SA, comme nous l'avions évoqué le mois dernier, mais il m'a expédiée sans trop de ménagement.

J'en déduis que de toutes façons, tant que mon état de santé ne le justifie pas par une réelle et vraie urgence, ils ne feront rien. Tant mieux, quelque part. J'ai sans doute encore besoin de ces dernières semaines pour vraiment me connecter à mon bébé.

Quant à l'anesthésiste, RAS. Il me jure qu'après 3 péri ratées dans d'autres maternité, celle-ci fonctionnera. Yeah right.

vendredi 16 mars 2018

Phlébite !

A la suite d'une perfusion de veinofer durant mon hospitalisation #2, j'ai développé une petite inflammation au niveau de la veine. Oui bon, j'suis plus à ça près... -_-

J'ai consulté (j'avais peur de faire une phlébite), le généraliste n'est pas inquiet et diagnostique une veinite (?), une petite inflammation, quoi. Je dois faire des pansements de biseptine, jusque là ok... mais il me prescrit également du Flector gel 1%.

Je lui demande si c'est ok grossesse il me répond «oui, pas de problème, c'est un anti-inflammatoire local». Ouais sauf que sur la boîte...


Et la notice est carrément flippante :



Je suis assez éberluée par cette prescription.

Entre temps j'ai posé la question à ma sage-femme, qui a poussé les hauts cris ("Quoi ?!! SURTOUT NE PRENDS PAS CE TRUC !!").

Et à la pharmacie bizarrement c'est passé crème (bon, je peux imaginer que le pharmacien n'ait pas vu mon ventre derrière le comptoir mais je suis en 100% mater sur la carte vitale, donc... O_O)

Finalement, C., mon amie et médecin, veut que je fasse une écho-doppler au plus tard demain, car contrairement à ce que me disait le doc que j'ai consulté, ça pourrait très bien être une phlébite en fait. 😤😤😤😤😤

- J'ai fait l'écho-doppler prescrite par C.
Comme toujours elle avait raison, c'était bien une phlébite. 

--> le radiologue m'adresse aux urgences.

--> les urgences m'adressent aux urgences maternité car ils ne savent pas trop quoi faire avec moi, ni quoi me prescrire.

--> Urgences maternité : c'est le Professeur C. himself qui me voit.

--> C'est effectivement une phlébite, mais sans gravité car située sur une veine secondaire et très superficielle. Pas de risque d'embolie pulmonaire. Ca passera tout seul sans anti-inflammatoire et sans anti-coagulant, je dois faire des pansements d'alcool (?).

MAIS ! Le Professeur C. revoit enfin sa copie ! Il m'a dit que je suis trop fatiguée/affaiblie par le manque de nourriture, et trop en mauvaise santé (crises de lithiases biliaires, amaigrissement incontrôlable, pancréatite, anémie sévère, phlébite, etc) pour mener cette grossesse jusqu'à terme. Donc il pourrait éventuellement faire naître le bébé une fois sorti du stade de prématurité, donc ok à partir de 37SA. Je suis à 34 dimanche, c'est pas super loin...

C'est une bonne nouvelle, car le Docteur J. (son associé) que j'avais vu pendant mon hospitalisation il y a 10 jours m'avait dit qu'il était absolument hors de question de provoquer l'accouchement avant terme (sauf si j'étais au stade de la mort, lol).

Pourtant je suis ambivalente. Moi qui ai toujours favorisé un accouchement hyper physio, le respect du rythme du bébé même en cas de dépassement de terme... bon, c'est clairement pas la fin que j'aurais souhaité.
Surtout que ça risque fort bien de se terminer en césa cette histoire, parce que le bébé et le col là, ils ne sont clairement pas prêts.

D'un autre côté je suis complètement au bout du rouleau, faut bien être honnête. Les ennuis de santé de toute sorte ne me lâchent pas. Dieu sait ce qui va encore me tomber sur le coin de la goule après tout ça ?

J'ai toujours ce sentiment très fort que ce bébé sera mieux dehors qu'à l'intérieur de l'utérus d'une mère aussi malade.

Bon par contre il dit aussi que s'il y a une nouvelle crise (vraie crise, comme il y a 10 jours) c'est hospitalisation jusqu'à la naissance cette fois.

Voilà voilà... Je vais commencer la valoche alors...

dimanche 4 mars 2018

Hospitalisation #2, et écho T3

4 mars 2018 -

Nouvelle crise, retour aux urgences, bilan hépatique catastrophique avec lipases élevées, nouvelle hospitalisation en chirurgie viscérale, cette fois Vésiculette a fait très fort : l'un des calculs biliaires a migré dans le pancréas, j'ai donc une pancréatite aigüe, et là c'est quand même nettement plus embêtant (on rappelle que cette maladie est potentiellement mortelle, hein). -_- -_- -_-

On me prive de nourriture durant 3 jours pour laisser au pancréas le temps de se reposer, j'en ai marre...

Je n'ai plus de mots pour décrire l'état de lassitude qui est le mien.

Je vais avoir droit à une IRM pour voir si le calcul est toujours présent dans le pancréas ou bien s'il s'est évacué tout seul.

Mais l'avantage d'être hospitalisée au CH de Monaco c'est que Maternité et Chirurgie Viscérale travaillent main dans la main (la maternité est d'ailleurs juste à l'étage au-dessous) : j'ai des monitos tous les jours, parfois deux fois par jour, par des sage-femmes qui montent me voir directement dans ma chambre en chir viscérale.



Et comme la dernière fois, cette hospitalisation tombe pile poil à la date où était prévue mon échographie (T3 cette fois)... toujours avec le Docteur B., qui râle encore (!) cette fois-ci parce qu'il n'aime pas quand les patientes sont perfusées (pas pratique de bouger avec la potence !) et qu'il aurait préféré que l'écho soit reportée à après l'hospitalisation. Haha. Not.

Le bébé grandit et grossit parfaitement bien. Donc pas d'inquiétude pour lui. Il pèse 1,8 kilos pour l'instant, avec un poids de naissance estimé assez standard, style 3,3 kilos.


Je trouve qu'il a véritablement une tête de garçon, non ?
En tout cas avec des joues pareilles, on voit bien qu'il n'y a VRAIMENT que moi qui maigrit à vue d'oeil...

D'ailleurs à force de ne rien manger, je fais un malaise à l'hôpital. Une chute de tension à 6.

Le gastro-entérologue du service décide de me perfuser 2 poches de veinofer.

Au final, l'IRM a montré que le calcul qui a affecté le pancréas est éliminé; j'ai pu rentrer chez moi au bout de 4 jours d'hôpital.

samedi 24 février 2018

Suivi psy

24 février 2018 -

J'ai entamé un suivi avec la psychologue mère-enfant de la maternité.

Ca ne va vraiment pas mieux, c'est pour cela que j'ai pris le taureau par les cornes et que j'ai initié ce suivi psy.
Je réalise que tant que ce bébé sera dans mon ventre j'aurai peur pour lui. Je n'ai plus le sentiment d'être capable de protéger la vie intra-utérine d'un enfant, je vois mon corps comme un tombeau juste capable de les faire mourir.
Donc tant qu'il ne sera pas sorti de là, ça n'ira pas mieux quoi que je fasse.

En parlant j'ai aussi cerné le fait que j'ai arrêté de vive pleinement depuis que j'ai perdu un bébé pour la seconde fois. J'ai vécu en mode survie, parfois difficilement, mais je ne prends de plaisir à rien, jamais. Je ne ris jamais, je n'ai même plus de joie à passer du temps avec les miens.

Quand j'ai voulu arranger mon scrapbook de 2017 la semaine dernière j'ai réalisé qu'il n'y avait presque pas de photos, et que tout était triste et figé sur celles que j'avais.

Ces derniers mois avec ce bébé qui bouge et qui donne des coups ont instillé la vie à nouveau, chaque mois un petit peu plus à la fois, c'est parce que cette vie est là que je réalise combien elle a été absente l'année qui vient de s'écouler.
Et s'il arrive quelque chose à ce bébé, en plus de lui c'est aussi cette petite étincelle de vie qui disparaîtra, ce qu'elle me permet de donner à nouveau à mes enfants ces dernières semaines alors que je ne le pouvais plus.

Cette idée me terrifie tout autant que celle de perdre à nouveau un bébé. Bref c'est très compliqué.

Pour m'investir un peu plus auprès de ce bébé j'ai reçu quelques suggestions : faire réaliser des photos de grossesse dans un joli environnement, avec de jolis vêtements, et commencer à réfléchir à des prénoms... Tout cela est complètement surréaliste au point où j'en suis...

On essaie aussi de travailler sur tout le reste, ma maladie, le décès de mon père que je ne gère absolument pas, etc etc. Beaucoup de travail en perspective.

mardi 13 février 2018

Visite du 7ème mois

13 février 2018 -

Visite du 7ème mois ce matin.

Bon, enfin le Professeur C. se réveille un peu en voyant que je suis à 65 kilos sur la même balance où, le mois dernier, j'étais à 68,5.

Ca fait -3 kilos et demi de perdus en 1 mois. Je pèse désormais un kilo de moins que mon poids de début de grossesse.

"ah oui bon, c'est quand même beaucoup plus rapide que ce que j'aurais voulu voir, comme perte de poids..."

Donc en gros il dit : on attend l'écho T3 (dans 3 semaines) et on voit comment progresse la croissance de l'enfant (le fait que moi je fonde à vue d'oeil on s'en fout par cont', haha).
Si tout va bien pas de changement, sinon il faudra mettre en place un suivi bcp plus rapproché (lequel ? je ne peux rien changer à mon régime alimentaire tel qu'il est aujourd'hui sans encourir la colère redoutable de Vésiculette, donc mystère).

Bon sinon le reste (col, tension, hauteur utérine, bilans sanguins/urines) est ok.
Il reste 3 mois de grossesse, et 3 mois c'est super long quand tu as cette saloperie d'épée de Damoclès sur la tête... est-ce que ma vésicule va tenir le coup encore 3 mois ou pas ?
Sinon, comment opérer en urgence avec un si gros ventre ? Le bébé tiendra-t'il le coup ?

Bref.... si je n'avais pas eu ce souci de santé je pense que j'aurais pu essayer de me relaxer ce dernier trimestre, mais là...

mardi 16 janvier 2018

Visite du 6ème mois

16 janvier 2018 -

Rdv du 6ème mois aujourd'hui.

Mon cher Docteur B., qui m'avait suivie jusqu'alors et que j'adorais, est parti dans le Nord pour démarrer sa nouvelle vie...

Compte tenu du caractère un peu compliqué de cette grossesse, il me laisse entre les mains du Professeur C., LE Chef de Service de l'unité gynéco-obstétrique du CH de Monaco, un ponte de l'obstétrique qui a des tas de publis scientifiques à son actif, qui est surbooké des mois à l'avance.

"C'est une chance" m'avait dit le Docteur B. "normalement il ne voit que des patientes monégasques, mais il aime bien les cas un peu compliqués !"
Donc voilà, je l'ai rencontré aujourd'hui.

Quand je suis arrivée, avec la patiente qui avait rdv juste avant moi à 14h, la secrétaire nous a indiqué qu'il n'était pas encore rentré de sa pause déjeuner... il reviendra finalement avec 50mn de retard. Bon... j'appelle mon amie pour qu'elle puisse récupérer les petits à l'école à 16h30, au cas où je n'arrive pas à l'heure. Heureusement qu'elle est là...

Et puis... Le Docteur B était juste absolument génial. Très à l'écoute, immensément d'empathie, mais très très rigoureux et méticuleux. Ne laissant jamais rien au hasard, il prenait le soin d'évaluer toutes les éventualités, au risque même d'être trop précautionneux (mais moi ça me rassurait d'être ainsi suivie).

Là...

"- Ah, vous avez perdu deux bébés avant cette grossesse... bah c'est pas grave, vous êtes à 25SA là, donc à l'abri des soucis maintenant haha.

- Ah vous ne pouvez pas manger de produits laitiers ni de lipides ni de sucre ni de viande rouge. Bah non, pas besoin de voir un nutritionniste, c'est juste pour 3 mois hein, héhé.

- Ah oui, vous avez perdu beaucoup de poids depuis le dernier rdv... mais c'est pas grave, à mon avis votre bébé puise quand même ce dont il a besoin pour grandir regardez, votre hauteur utérine est même au-dessus de la norme pour votre terme, donc c'est que le bébé grandit bien hoho.

- Ah bon, vous ne pouvez pas faire le test o'sullivan. Bah c'est pas grave, on fera une glycémie à jeun puis une glycémie post-prandiale (le Docteur B. m'avait assuré que ça n'était pas fiable, mais bon) y'a pas de raison de s'inquiéter, hinhin.

- Ah oui le Docteur B. vous avait dit que parfois les soucis de vésicule biliaire pouvaient déclencher une cholestase gravidique en fin de grossesse (maladie hépatique grave pouvait mener à la mort du foetus si le traitement ne fonctionne pas ou si non décelée à temps). Oui boarf nan, pas de suivi particulier sur ce point, si jamais vous ressentez des démangeaisons z'avez qu'à venir à la maternité (sauf que chez certaines patientes ce symptôme est inexistant). Pis vous n'avez jamais fait de cholestase pour vos autres grossesses, donc y'a pas de raison hein, huhu.

- Ah oui, vous opérer en urgence si jamais vous faites une récidive de cholecystite (vésicule biliaire infectée, c'est ce qui m'est arrivé lors de mon hospitalisation #1) au 3ème trimestre ? Oui ce serait un peu embêtant à ce terme-là mais booooon, on verra hein. Au pire si ça arrive après 36SA on fait naître le bébé avant, meuh boooooooon. Y'a pas de raison hein, hihi."

Je ne sais pas quoi penser. :(
Je suis sûre qu'il est hyper compétent, et je sais bien qu'il doit gérer des grossesses pathologiques qui sont infiniment plus préoccupantes que la mienne, mais du coup j'ai l'impression qu'il prend mon cas par-dessus la jambe et cela m'inquiète. :(

lundi 18 décembre 2017

Première immersion en Vésiculie : hospitalisation #1 et écho T2

18 décembre 2017

Deux heures après le souper, je suis au lit, comme tous les soirs... Brusquement, une douleur horrible, insoutenable, et qui monte en intensité, prend naissance dans ma poitrine.

Comme une sorte d'étau qui serrerait très très fort la poitrine (j'ai cru faire une crise cardiaque !), juste au-dessous des seins, surtout du côté droit.
Je prends du spafon, du maalox, du doliprane. Rien.

Cela empire, l'étau se resserre, je ne peux plus respirer. Je demande à PapaChan d’appeler le samu, samu qui m'envoie gentiment balader en évoquant une gastro-entérite. Et puis, la douleur cesse toute seule au bout d'une heure et demie, de façon nette, en quelques instants. WTF just happened ?

Puis une seconde crise survient, le surlendemain, beaucoup plus longue cette fois-ci (5 heures non-stop). Fuck le samu avec leur gastro, je file aux urgences. Avec en tête le souvenir de ma belle-soeur qui avait eu des soucis de vésicule biliaire durant sa grossesse, je plaide pour avoir un bilan hépatique sanguin, que l'on me fait enfin et qui revient "perturbé", me dit-on.

Ils décident de me garder pour la nuit, j'aurai une échographie abdominale le lendemain.

Là, le diagnostic tombe : lithiases biliaires (c'est à dire des calculs dans la vésicule biliaire), et un début de cholecystite (inflammation/infection de ladite vésicule). Je suis hospitalisée en chirurgie viscérale au Centre Hospitalier de Monaco.

Ils parlent de m'opérer pour enlever la vésicule... mais m'indiquent bien qu'une anesthésie générale peut être dangereuse pour le bébé. :(
Pff... et tout ceci juste après le décès de mon papa... je suis tellement fatiguée de toutes ces tuiles.

J'imagine aussi que je dois pouvoir avoir le droit de refuser l'opération (et donc l'anesthésie) jusqu'au terme, mais je ne sais pas... J'ai eu deux crises en 2 jours, j'ai pensé mourir de douleur... Comment tenir encore 4 mois comme ça ? 😰😰😰😰😐
D'un autre côté si mon bébé, qui est actuellement en pleine santé, réagit mal à l'anesthésie et que je le perds ?... Quel choix horrible...

Au deuxième jour d'hospitalisation, l'anesthésiste vient me dire qu'on va tenter autre chose avant d'opérer. Prise d'antibiotiques pour stopper l'inflammation de la vésicule, régime super strict sans gras, contrôle écho de la vésicule toutes les semaines, et on voit pour tenir 4 mois ainsi et opérer après l'accouchement.

Je suis à la fois soulagée et terrorisée, parce que je sais bien qu'il y aura des récidives.

Mon écho T2 était prévue ce même jour avec le Docteur S., qui avait fait mon écho T1 à l'hôpital Lenval de Nice. Etant hospitalisée à Monaco et donc dans l'incapacité d'avoir mon échographie, on me colle entre les mains du Docteur B. qui me prend exprès entre deux patientes.
A ne pas confondre avec le Docteur B. (mon gynécologue), le Docteur B. échographe c'est juste LE spécialiste de l'échographie obstétricale, dans le département et même dans la région.
Il râle abondamment de cette consultation imprévue, mais il pratique l'examen avec beaucoup de minutie. Le bébé va très bien.



Le Docteur B., tout fier de ses super machines, voulut ABSOLUMENT tirer le portrait 3D du bébé. Je ne sais pas pourquoi, je ne lui avais absolument rien demandé... Or le bébé était de dos, donc pas évident, et pendant 10 minutes le médecin a appuyé comme un fou sur le haut droit de mon utérus (donc peu ou prou là où se trouve Vésiculette) pour le faire se tourner 😨😨😨😨😨 la douleur était horrible, j'ai du lui demander d'arrêter.... Du coup il m'a fait un magnifique portrait 3D de ses deux jambes/pieds croisés. 🙄



Inutile de dire que Vésiculette n'a que très moyennement apprécié, et a fait la gueule pendant 24h après ça.

Après quelques jours d'hospitalisation sous antibiotiques pour guérir l'inflammation, les bilans sanguins redevinrent normaux ; j'eus pour instruction de rentrer chez moi, et de mener ma grossesse à terme avec "un régime léger, sans gras".

En me documentant sur les groupes de paroles dédiés aux personnes souffrant de lithiases biliaires, je compris tout de suite que les recommandations étaient beaucoup plus compliquées que ça, en réalité :

Pas de matières grasses. Aucune. Ni cuite, ni crue.
Pas de sucre.
Pas de produits laitiers.
Pas d'oléagineux.
Pas de café, pas de thé. Pas de chocolat sous toutes ses formes, évidemment.
Pas de viande rouge, ni de viande grasse.
Pas d'oeufs. Sous quelque forme que ce soit.
Pas d'alcool (mais enceinte cela va de soi)
Pas de poissons gras.
Pas de féculents "blancs".
Pas de légumes difficiles à digérer.
Aucun aliment industriellement transformé.
Jamais de grosses assiettes, mais de toutes petites portions, plusieurs fois par jour.

J'avais ordre de retourner directement aux urgences en cas de nouvelle crise.

Et justement, j'avoue que je vis dans la terreur constante d'une récidive. :(
Je pense vraiment n'avoir jamais eu aussi atrocement mal de ma vie (et pourtant j'ai accouché par voie basse trois fois, avec à chaque fois des péridurales qui n'ont pas marché !!).

Et j'ai surtout peur de ce qui pourrait se passer si ça recommence.. à qui confier les enfants, comment assurer une prise en charge la plus rapide possible pour éviter les complications d'une lithiase biliaire (ça peut aller jusqu'à la pancréatite aigüe, et même la septicémie, pas du tout flippant hein)... la dernière fois, au lieu de faire appel aux pompiers qui sont à 3 minutes de chez moi, le médecin a appelé une ambulance conduite par deux gus à 2 de tension, partis de Nice et qui mirent 1h00 à arriver jusque chez moi. :(

Compte tenu de tout ça, je me dis souvent que l'opération tout de suite serait sans doute préférable, mais ils ne sont pas chauds du tout au CH de Monaco d'autant que le bilan sanguin est désormais parfait et qu'il est parfaitement possible (selon eux) qu'il n'y ait aucune récidive au cours de la grossesse.

 J'ai rdv le 8 janvier avec le chirurgien (je suis suivie tous les 15j.), je vais en rediscuter avec lui.

dimanche 6 août 2017

Les petites et grosses colères de Vésiculette

Très tôt au cours de cette grossesse (je dirais vers le mois de septembre, j'étais alors enceinte de 4 ou 5 semaines seulement), Vésiculette a manifesté sa présence.

Je n'avais pas trop conscience de son existence, moi, jusqu'alors... et je m'en portais fort bien.
J'aime manger, j'adore cuisiner, pâtisser... je suis super gourmande et ma petite famille aussi.

Elle était particulièrement mécontente quand je mélangeais le gras et le sucre (les produits Kinder notamment la mettaient fort en colère).

En octobre-novembre, j'ai débuté un stage en crèche et j'ai commencé à être assez souvent malade. Mal au ventre, nausées, troubles gastriques divers... J'avais préparé une petite trousse à emmener partout avec du doliprane, du spasfon, du maalox. 

Mais à cette époque je mettais encore ces manifestations de colère sur le compte de ma grossesse, de la restauration en liaison froide de la crèche, des gastro-entérites qui couraient dans la crèche...

Début décembre, alors que mon stage se terminait, que j'avais dépassé le stade de la MFIU de mon précédent bébé, et que donc je commençais à me poser un peu auprès de ce nouveau bébé, j'ai appris le décès accidentel et soudain de mon papa.

Je ne sais pas dans quelle mesure ce gros choc émotionnel a joué un rôle dans la suite, toujours est-il que c'est très peu de temps après ce décès que Vésiculette a fait sa première grosse, grosse colère.

J'avais cuisiné des oeufs brouillés aux pommes de terre. Avec les oeufs de nos poules et de délicieuses pommes de terre bio rissolées à la poêle, puis des herbes du jardin... simple, mais un véritable délice. Tellement délicieux, j'en ai mangé deux grosses assiettes.

Et cette nuit-là Vésiculette a fait sa première grosse crise.

Techniquement, une vésicule qui contient des lithiases (calculs) peut rester asymptômatique très longtemps. Il y a des personnes qui vivent toute une vie avec une vésicule pleine de calculs, sans jamais avoir de douleurs !

Mais le jour où elle commence à dysfonctionner, ça n'ira jamais mieux. A cet instant-là, quand la vésicule se contracte trop les calculs commencent à migrer, et c'est la crise de colique biliaire.

Le surlendemain j'avais fait de la semoule au lait et du poisson pané, et Vésiculette me les a mis pour chapeau. Cinq heures de crise et une hospitalisation de 5 jours en chirurgie viscérale.

Normalement, Vésiculette aurait du dégager fissa, dès les premiers symptômes. Quand la vésicule commence à dysfonctionner, les calculs biliaires peuvent migrer (c'est ce qui est à l'origine de ces attaques dont la douleur est horrible) et s'ils migrent dans le pancréas au lieu de dégager tous seuls par la voie normale, c'est la pancréatite aigüe. Cette maladie est potentiellement mortelle.

Mais dans mon ventre il y a un petit bébé qui ne peut pas subir une chirurgie sous AG. Les chirurgiens sont tous d'accord entre eux : nous allons attendre que le bébé soit né.

L'ennui, c'est que parfois, ses colères sont vraiment disproportionnées.

Début mars, j'avais confectionné le gâteau préféré de Fils Aîné, 8 ans : un moelleux à l'ananas caramélisé.

C'est un simple petit gâteau au yaourt, avec du beurre et des oeufs bien sûr, du caramel et de l'ananas.

J'en ai goûté un morceau, absolument minuscule. Si si, vraiment. Pas plus d'1 cm cube à tout péter.

Mauvaise idée.

Vésiculette m'a envoyée fissa aux urgences avec une pancréatite aigüe. Oui oui, la maladie potentiellement mortelle.
Je vous l'avais dit : on ne plaisante pas avec Vésiculette.


Depuis, j'essaie vraiment de la chouchouter, parce qu'il faut tenir bébé encore quelques semaines au chaud. En la ménageant, en évitant ses colères... pour qu'en retour elle me laisse terminer cette grossesse tranquillement.

Ce n'est pas évident. Elle est très susceptible. Un rien la fâche.
Elle râle si je mange plus d'un quart de cuiller à soupe de matières grasses par jour. Elle râle si mes portions sont trop grosses. Mais elle me punit aussi si je ne mange pas assez, ou si je garde un laps de temps trop important entre deux repas.
Mais tant que ce sont de petites colères (nausée, diarrhée, vésicule douloureuse), je gère encore bien.

Elle me prévient quand je dépasse les bornes (un peu comme Maurice le poisson rouge), et désormais je tiens compte de ses avertissements.