Aujourd'hui, j'ai eu ma consultation du 9ème mois, avec mon cher Professeur C.
On étudie le dossier médical : dernier bilan sanguin très bien, tracés monito très bien, tout très bien.
L'examen gynécologique aussi est ok, la tension est parfaite, le col est bien mûr, ouvert à 2 mais il n'y a pas de contractions de travail.
MAIS...
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mardi 17 avril 2018
vendredi 13 avril 2018
Matinée monégasque
Aujourd'hui, une nouvelle petite journée placée sous le signe de la Principauté.
Non vraiment, il n'y a pas à dire, la maternité du Centre Hospitalier Princesse Grâce, c'est quand même la classe. On accouche au bord de la mer, avec une vue imprenable sur la Grande Bleue, sur le Rocher, dans un bel environnement très cosmopolite...
Ce sera mon premier accouchement ici, puisque nous habitions auparavant Nice (j'ai donc accouché trois fois dans des maternités niçoises), mais il semblerait que ce soit vraiment une très chouette maternité.
Bref !
Donc au vu de mon tracé de monito pas terrible de mercredi (RCF souvent dans dans les 180bpm quand même, ce qui est haut, puis quelques mini-décélérations pendant les contractions)... et les contractions de ouf qui ont émaillé ma soirée d'hier, j'ai décidé de faire un petit saut dans ma très chic maternité ce matin.
Alors on fait quoi ? La sage-femme était indécise. Elle est donc partie consulter l'obstétricien de garde.
Eh bien, j'ai bien cru qu'ils allaient me garder ce matin... ça m'aurait moyennement plu d'accoucher un vendredi 13.
J'ai VRAIMENT très très hâte d'accoucher hein, mais je ne sais pas, je ne le sentais pas aujourd'hui.
![]() |
| Aaah, Monaco, son Rocher, son Palais Princier, ses parkings municipaux au coût horaire ruineux... |
Ce sera mon premier accouchement ici, puisque nous habitions auparavant Nice (j'ai donc accouché trois fois dans des maternités niçoises), mais il semblerait que ce soit vraiment une très chouette maternité.
Pour avoir été hospitalisée 24h en maternité avant d'être transférée au service de chirurgie viscérale lors de ma pancréatite le mois dernier, je ne peux effectivement en dire que du bien.
PapaChan râle bien un peu, car comme il s'agit malgré tout d'un pays étranger les procédures de reconnaissance sont un peu plus compliquées qu'en France. Il faut aller à l'ambassade, etc.
Bref !
Donc au vu de mon tracé de monito pas terrible de mercredi (RCF souvent dans dans les 180bpm quand même, ce qui est haut, puis quelques mini-décélérations pendant les contractions)... et les contractions de ouf qui ont émaillé ma soirée d'hier, j'ai décidé de faire un petit saut dans ma très chic maternité ce matin.
Voilà voilà.
Une heure de monitoring.
Des contractions toutes les 15 minutes environ. Souvent bien douloureuses, quand même. Des petites décélérations sur le RCF à chaque contraction, comme mercredi.
Alors on fait quoi ? La sage-femme était indécise. Elle est donc partie consulter l'obstétricien de garde.
Eh bien, j'ai bien cru qu'ils allaient me garder ce matin... ça m'aurait moyennement plu d'accoucher un vendredi 13.
Ils ont hésité, puis fait un examen du col. Ledit col est tout mou, ouvert à 1/2, mais au final pas de réel travail. L'obstétricien a regardé le tracé monito du jour et celui de mercredi, a déclaré qu'ils étaient parfaits et absolument pas inquiétants, donc je suis rentrée, pour tout dire un peu soulagée.
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jeudi 12 avril 2018
A part ça
CoxsackieVirus :
C'est au tour de Petite Chérie, qui après 24h de fièvre, présente désormais de nombreuses vésicules de Pied-Main-Bouche.
Nouvelle période de contagion, les dés sont à nouveau jetés.
Mais en ce qui me concerne, pour l'instant, toujours rien.
Grossesse :
Sur le monito d'hier soir, ça contracte doucement, mais régulièrement.
Ce n'est pas douloureux, donc pas de quoi s'affoler non plus, mais enfin c'est là.
Je vais quand même descendre au monito de la mater demain matin, parce que je ne trouve pas le tracé du RCF super top (bien que ma sage-femme me dise le contraire) et au moins je serai rassurée.
Ma valise est prête. Elle est ENORME, mais prête.
J'avais commandé un grand sac à dos que j'ai enfin reçu, et que je transporte en permanence avec moi, contenant mon dossier maternité, mes papiers administratifs, les affaires de salle de naissance, appareil photo et chargeur de téléphone. Au moins, je ne serai pas prise de court si quoi que ce soit arrive.
Médical :
J'ai consulté ce matin pour ma sensation de gêne dans la bouche/gorge, en gros :
Le médecin dit que si c'est une mycose elle n'est pas de grande envergure car on ne voit pas de lésion.
Je ne peux prendre strictement aucun des médicaments habituellement prévus à cet effet.
Continuer les bains de bouche au bicarbonate jusqu'à l'accouchement.
Vésiculie :
RAS, et j'ai pourtant commis quelques impairs ces derniers jours, je le confesse.Mon organisme a désespérément besoin de sucre. Vraiment, désespérément.
J'ai rajouté une demi-cuiller de gelée de groseille sur mes tranches de pain complet lors des collations. Houlà, c'est Byzance attention !
Dans une pulsion folle j'ai mangé un demi-centimètre carré de l'oeuf kinder des enfants, et un peu de pâte d'amandes en reliquant du gateau . J'ai goûté à un gâteau sans gluten et sans lactose (plusieurs fois, parce qu'il était bon) confectionné par une maman lors de la fête d'anniversaire de Petite Chérie.
Je n'ai eu aucune manifestation de colère de Vésiculette.
Alors bon, je me méfie, elle peut parfois (souvent, même) être très imprévisible, donc je vais essayer de maîtriser au mieux ces pulsions incontrôlables, parce que j'ai quand même pleinement conscience du fait que c'est très dangereux.
C'est au tour de Petite Chérie, qui après 24h de fièvre, présente désormais de nombreuses vésicules de Pied-Main-Bouche.
Nouvelle période de contagion, les dés sont à nouveau jetés.
Mais en ce qui me concerne, pour l'instant, toujours rien.
Grossesse :
Sur le monito d'hier soir, ça contracte doucement, mais régulièrement.
Ce n'est pas douloureux, donc pas de quoi s'affoler non plus, mais enfin c'est là.
Je vais quand même descendre au monito de la mater demain matin, parce que je ne trouve pas le tracé du RCF super top (bien que ma sage-femme me dise le contraire) et au moins je serai rassurée.
Ma valise est prête. Elle est ENORME, mais prête.
J'avais commandé un grand sac à dos que j'ai enfin reçu, et que je transporte en permanence avec moi, contenant mon dossier maternité, mes papiers administratifs, les affaires de salle de naissance, appareil photo et chargeur de téléphone. Au moins, je ne serai pas prise de court si quoi que ce soit arrive.
Médical :
J'ai consulté ce matin pour ma sensation de gêne dans la bouche/gorge, en gros :
Le médecin dit que si c'est une mycose elle n'est pas de grande envergure car on ne voit pas de lésion.
Je ne peux prendre strictement aucun des médicaments habituellement prévus à cet effet.
Continuer les bains de bouche au bicarbonate jusqu'à l'accouchement.
Vésiculie :
RAS, et j'ai pourtant commis quelques impairs ces derniers jours, je le confesse.Mon organisme a désespérément besoin de sucre. Vraiment, désespérément.
J'ai rajouté une demi-cuiller de gelée de groseille sur mes tranches de pain complet lors des collations. Houlà, c'est Byzance attention !
Dans une pulsion folle j'ai mangé un demi-centimètre carré de l'oeuf kinder des enfants, et un peu de pâte d'amandes en reliquant du gateau . J'ai goûté à un gâteau sans gluten et sans lactose (plusieurs fois, parce qu'il était bon) confectionné par une maman lors de la fête d'anniversaire de Petite Chérie.
Je n'ai eu aucune manifestation de colère de Vésiculette.
Alors bon, je me méfie, elle peut parfois (souvent, même) être très imprévisible, donc je vais essayer de maîtriser au mieux ces pulsions incontrôlables, parce que j'ai quand même pleinement conscience du fait que c'est très dangereux.
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lundi 9 avril 2018
37SA
Voilà, on y est.
A partir de maintenant, je sais que si je dois me rendre en urgence à l'hôpital pour une cholécystite ou une pancréatite aigüe, on fera naître le bébé. Il n'est désormais plus considéré comme prématuré.
Un poids se lève de ma poitrine... j'avais lu tellement de choses affreuses concernant les accouchement prématurés dus à des soucis de vésicule. Je suis heureuse d'être arrivée jusqu'ici.
Bébé est toujours tête en bas, dos à gauche. Les mouvements se font moins intenses, mais il ou elle tente du mieux qu'il peut de s'étendre et de s'étirer, ce qui donne naissance à de grosses bosses rigolotes sur le côté gauche de mon abdomen..
J'ai quelques contractions de temps à autres, mais rien qui soit réellement de nature à modifier le col, je pense. Cela reste assez soft. Beaucoup de douleurs ligamentaires sous le pubis par contre : tant mieux, c'est signe que toute la zone s'assouplit.
Update concernant le CoxsackieVirus : on est à j+7 depuis que la période de contagion a débuté. Je n'ai rien pour l'instant. Petit Garçon n'a plus de symptômes donc je me relâche un peu (même si je sais qu'il continue à excréter le virus dans ses sécrétions corporelles pendant 2 semaines).
Petite Chérie est en revanche rentée de l'école avec une fièvre à 39,3° ce soir, à suivre donc.
Je pense par contre que j'ai une mycose dans la bouche, j'ai ces symptômes depuis ma dernière hospitalisation et je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être, mais là le doute se mue peu à peu en certitude. J'espère que l'on pourra me soigner malgré ma grossesse car c'est assez douloureux.
J'ai toujours très faim. Hâte de pouvoir me relâcher sur ça aussi. Je ne fais toujours aucun écart, je ménage Vésiculette au maximum.
J'avance sur la valise, avec un peu de layette de laine ajoutée aux préparatifs.
A partir de maintenant, je sais que si je dois me rendre en urgence à l'hôpital pour une cholécystite ou une pancréatite aigüe, on fera naître le bébé. Il n'est désormais plus considéré comme prématuré.
Un poids se lève de ma poitrine... j'avais lu tellement de choses affreuses concernant les accouchement prématurés dus à des soucis de vésicule. Je suis heureuse d'être arrivée jusqu'ici.
Bébé est toujours tête en bas, dos à gauche. Les mouvements se font moins intenses, mais il ou elle tente du mieux qu'il peut de s'étendre et de s'étirer, ce qui donne naissance à de grosses bosses rigolotes sur le côté gauche de mon abdomen..
J'ai quelques contractions de temps à autres, mais rien qui soit réellement de nature à modifier le col, je pense. Cela reste assez soft. Beaucoup de douleurs ligamentaires sous le pubis par contre : tant mieux, c'est signe que toute la zone s'assouplit.
Update concernant le CoxsackieVirus : on est à j+7 depuis que la période de contagion a débuté. Je n'ai rien pour l'instant. Petit Garçon n'a plus de symptômes donc je me relâche un peu (même si je sais qu'il continue à excréter le virus dans ses sécrétions corporelles pendant 2 semaines).
Petite Chérie est en revanche rentée de l'école avec une fièvre à 39,3° ce soir, à suivre donc.
Je pense par contre que j'ai une mycose dans la bouche, j'ai ces symptômes depuis ma dernière hospitalisation et je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être, mais là le doute se mue peu à peu en certitude. J'espère que l'on pourra me soigner malgré ma grossesse car c'est assez douloureux.
J'ai toujours très faim. Hâte de pouvoir me relâcher sur ça aussi. Je ne fais toujours aucun écart, je ménage Vésiculette au maximum.
J'avance sur la valise, avec un peu de layette de laine ajoutée aux préparatifs.
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mercredi 4 avril 2018
Pieds-Mains-Bouche
4 avril 2018-
La fantastique nouvelle de la journée, c'est que PoupiGarçon a attrapé le virus Pieds Mains Bouche. Pour de bon.
Nous avions eu une petite frayeur cet automne quand le meilleur copain de Petite Chérie l'avait eu - finalement personne n'avait développé la maladie à la maison - mais là c'est ferme et définitif, Poupi Garçon est bien malade.
Il a des vésicules sur la paume des mains, sur la plante des pieds, et sur la langue.
Donc voilà, on en est là, parce qu'il fallait VRAIMENT que quelque chose me tombe à nouveau dessus à 36SA.
Bien sûr il m'a fait tout un tas de bisous baveux ce matin avant que je ne remarque qu'il était malade.
Et bien sûr le virus est particulièrement dangereux pour le foetus, notamment en fin de grossesse :
J'ai appelé les urgences de la maternité, on ne peut rien faire pour l'instant. Une sage femme m'a dit "oh, c'est probablement pas grave si vous l’attrapez", ouais, tu parles...
J'ai juste envie de pleurer. Pourquoi ? mais pourquoi ?? Il me restait juste 4 semaines à tenir... juste 4.
La fantastique nouvelle de la journée, c'est que PoupiGarçon a attrapé le virus Pieds Mains Bouche. Pour de bon.
Nous avions eu une petite frayeur cet automne quand le meilleur copain de Petite Chérie l'avait eu - finalement personne n'avait développé la maladie à la maison - mais là c'est ferme et définitif, Poupi Garçon est bien malade.
Il a des vésicules sur la paume des mains, sur la plante des pieds, et sur la langue.
Donc voilà, on en est là, parce qu'il fallait VRAIMENT que quelque chose me tombe à nouveau dessus à 36SA.
Bien sûr il m'a fait tout un tas de bisous baveux ce matin avant que je ne remarque qu'il était malade.
Et bien sûr le virus est particulièrement dangereux pour le foetus, notamment en fin de grossesse :
Virus Coxsackie
Une infection au virus Coxsackie pendant la grossesse pose un sérieux problème car elle peut être fatale au bébé en gestation tout en ne provoquant que des symptômes secondaires chez la mère. Ce virus peut entraîner une hépatite, une inflammation du muscle cardiaque appelée myocardite et une inflammation du cerveau et de la moelle épinière, le tout pouvant provoquer la mort du bébé en gestation. À elle seule, l’infection au virus Coxsackie peut nuire au bébé en gestation et provoquer des déficiences de naissance.
J'ai appelé les urgences de la maternité, on ne peut rien faire pour l'instant. Une sage femme m'a dit "oh, c'est probablement pas grave si vous l’attrapez", ouais, tu parles...
J'ai juste envie de pleurer. Pourquoi ? mais pourquoi ?? Il me restait juste 4 semaines à tenir... juste 4.
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vendredi 16 mars 2018
Phlébite !
A la suite d'une perfusion de veinofer durant mon hospitalisation #2, j'ai développé une petite inflammation au niveau de la veine. Oui bon, j'suis plus à ça près... -_-
J'ai consulté (j'avais peur de faire une phlébite), le généraliste n'est pas inquiet et diagnostique une veinite (?), une petite inflammation, quoi. Je dois faire des pansements de biseptine, jusque là ok... mais il me prescrit également du Flector gel 1%.
Je lui demande si c'est ok grossesse il me répond «oui, pas de problème, c'est un anti-inflammatoire local». Ouais sauf que sur la boîte...
Et la notice est carrément flippante :
Je suis assez éberluée par cette prescription.
Entre temps j'ai posé la question à ma sage-femme, qui a poussé les hauts cris ("Quoi ?!! SURTOUT NE PRENDS PAS CE TRUC !!").
Et à la pharmacie bizarrement c'est passé crème (bon, je peux imaginer que le pharmacien n'ait pas vu mon ventre derrière le comptoir mais je suis en 100% mater sur la carte vitale, donc... O_O)
Finalement, C., mon amie et médecin, veut que je fasse une écho-doppler au plus tard demain, car contrairement à ce que me disait le doc que j'ai consulté, ça pourrait très bien être une phlébite en fait. 😤😤😤😤😤
- J'ai fait l'écho-doppler prescrite par C.
Comme toujours elle avait raison, c'était bien une phlébite.
--> le radiologue m'adresse aux urgences.
--> les urgences m'adressent aux urgences maternité car ils ne savent pas trop quoi faire avec moi, ni quoi me prescrire.
--> Urgences maternité : c'est le Professeur C. himself qui me voit.
--> C'est effectivement une phlébite, mais sans gravité car située sur une veine secondaire et très superficielle. Pas de risque d'embolie pulmonaire. Ca passera tout seul sans anti-inflammatoire et sans anti-coagulant, je dois faire des pansements d'alcool (?).
MAIS ! Le Professeur C. revoit enfin sa copie ! Il m'a dit que je suis trop fatiguée/affaiblie par le manque de nourriture, et trop en mauvaise santé (crises de lithiases biliaires, amaigrissement incontrôlable, pancréatite, anémie sévère, phlébite, etc) pour mener cette grossesse jusqu'à terme. Donc il pourrait éventuellement faire naître le bébé une fois sorti du stade de prématurité, donc ok à partir de 37SA. Je suis à 34 dimanche, c'est pas super loin...
C'est une bonne nouvelle, car le Docteur J. (son associé) que j'avais vu pendant mon hospitalisation il y a 10 jours m'avait dit qu'il était absolument hors de question de provoquer l'accouchement avant terme (sauf si j'étais au stade de la mort, lol).
Pourtant je suis ambivalente. Moi qui ai toujours favorisé un accouchement hyper physio, le respect du rythme du bébé même en cas de dépassement de terme... bon, c'est clairement pas la fin que j'aurais souhaité.
Surtout que ça risque fort bien de se terminer en césa cette histoire, parce que le bébé et le col là, ils ne sont clairement pas prêts.
D'un autre côté je suis complètement au bout du rouleau, faut bien être honnête. Les ennuis de santé de toute sorte ne me lâchent pas. Dieu sait ce qui va encore me tomber sur le coin de la goule après tout ça ?
J'ai toujours ce sentiment très fort que ce bébé sera mieux dehors qu'à l'intérieur de l'utérus d'une mère aussi malade.
Bon par contre il dit aussi que s'il y a une nouvelle crise (vraie crise, comme il y a 10 jours) c'est hospitalisation jusqu'à la naissance cette fois.
Voilà voilà... Je vais commencer la valoche alors...
J'ai consulté (j'avais peur de faire une phlébite), le généraliste n'est pas inquiet et diagnostique une veinite (?), une petite inflammation, quoi. Je dois faire des pansements de biseptine, jusque là ok... mais il me prescrit également du Flector gel 1%.
Je lui demande si c'est ok grossesse il me répond «oui, pas de problème, c'est un anti-inflammatoire local». Ouais sauf que sur la boîte...
Et la notice est carrément flippante :
Je suis assez éberluée par cette prescription.
Entre temps j'ai posé la question à ma sage-femme, qui a poussé les hauts cris ("Quoi ?!! SURTOUT NE PRENDS PAS CE TRUC !!").
Et à la pharmacie bizarrement c'est passé crème (bon, je peux imaginer que le pharmacien n'ait pas vu mon ventre derrière le comptoir mais je suis en 100% mater sur la carte vitale, donc... O_O)
Finalement, C., mon amie et médecin, veut que je fasse une écho-doppler au plus tard demain, car contrairement à ce que me disait le doc que j'ai consulté, ça pourrait très bien être une phlébite en fait. 😤😤😤😤😤
- J'ai fait l'écho-doppler prescrite par C.
Comme toujours elle avait raison, c'était bien une phlébite.
--> le radiologue m'adresse aux urgences.
--> les urgences m'adressent aux urgences maternité car ils ne savent pas trop quoi faire avec moi, ni quoi me prescrire.
--> Urgences maternité : c'est le Professeur C. himself qui me voit.
--> C'est effectivement une phlébite, mais sans gravité car située sur une veine secondaire et très superficielle. Pas de risque d'embolie pulmonaire. Ca passera tout seul sans anti-inflammatoire et sans anti-coagulant, je dois faire des pansements d'alcool (?).
MAIS ! Le Professeur C. revoit enfin sa copie ! Il m'a dit que je suis trop fatiguée/affaiblie par le manque de nourriture, et trop en mauvaise santé (crises de lithiases biliaires, amaigrissement incontrôlable, pancréatite, anémie sévère, phlébite, etc) pour mener cette grossesse jusqu'à terme. Donc il pourrait éventuellement faire naître le bébé une fois sorti du stade de prématurité, donc ok à partir de 37SA. Je suis à 34 dimanche, c'est pas super loin...
C'est une bonne nouvelle, car le Docteur J. (son associé) que j'avais vu pendant mon hospitalisation il y a 10 jours m'avait dit qu'il était absolument hors de question de provoquer l'accouchement avant terme (sauf si j'étais au stade de la mort, lol).
Pourtant je suis ambivalente. Moi qui ai toujours favorisé un accouchement hyper physio, le respect du rythme du bébé même en cas de dépassement de terme... bon, c'est clairement pas la fin que j'aurais souhaité.
Surtout que ça risque fort bien de se terminer en césa cette histoire, parce que le bébé et le col là, ils ne sont clairement pas prêts.
D'un autre côté je suis complètement au bout du rouleau, faut bien être honnête. Les ennuis de santé de toute sorte ne me lâchent pas. Dieu sait ce qui va encore me tomber sur le coin de la goule après tout ça ?
J'ai toujours ce sentiment très fort que ce bébé sera mieux dehors qu'à l'intérieur de l'utérus d'une mère aussi malade.
Bon par contre il dit aussi que s'il y a une nouvelle crise (vraie crise, comme il y a 10 jours) c'est hospitalisation jusqu'à la naissance cette fois.
Voilà voilà... Je vais commencer la valoche alors...
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dimanche 4 mars 2018
Hospitalisation #2, et écho T3
4 mars 2018 -
Nouvelle crise, retour aux urgences, bilan hépatique catastrophique avec lipases élevées, nouvelle hospitalisation en chirurgie viscérale, cette fois Vésiculette a fait très fort : l'un des calculs biliaires a migré dans le pancréas, j'ai donc une pancréatite aigüe, et là c'est quand même nettement plus embêtant (on rappelle que cette maladie est potentiellement mortelle, hein). -_- -_- -_-
On me prive de nourriture durant 3 jours pour laisser au pancréas le temps de se reposer, j'en ai marre...
Je n'ai plus de mots pour décrire l'état de lassitude qui est le mien.
Je vais avoir droit à une IRM pour voir si le calcul est toujours présent dans le pancréas ou bien s'il s'est évacué tout seul.
Mais l'avantage d'être hospitalisée au CH de Monaco c'est que Maternité et Chirurgie Viscérale travaillent main dans la main (la maternité est d'ailleurs juste à l'étage au-dessous) : j'ai des monitos tous les jours, parfois deux fois par jour, par des sage-femmes qui montent me voir directement dans ma chambre en chir viscérale.
Et comme la dernière fois, cette hospitalisation tombe pile poil à la date où était prévue mon échographie (T3 cette fois)... toujours avec le Docteur B., qui râle encore (!) cette fois-ci parce qu'il n'aime pas quand les patientes sont perfusées (pas pratique de bouger avec la potence !) et qu'il aurait préféré que l'écho soit reportée à après l'hospitalisation. Haha. Not.
Le bébé grandit et grossit parfaitement bien. Donc pas d'inquiétude pour lui. Il pèse 1,8 kilos pour l'instant, avec un poids de naissance estimé assez standard, style 3,3 kilos.
Je trouve qu'il a véritablement une tête de garçon, non ?
En tout cas avec des joues pareilles, on voit bien qu'il n'y a VRAIMENT que moi qui maigrit à vue d'oeil...
D'ailleurs à force de ne rien manger, je fais un malaise à l'hôpital. Une chute de tension à 6.
Le gastro-entérologue du service décide de me perfuser 2 poches de veinofer.
Au final, l'IRM a montré que le calcul qui a affecté le pancréas est éliminé; j'ai pu rentrer chez moi au bout de 4 jours d'hôpital.
Nouvelle crise, retour aux urgences, bilan hépatique catastrophique avec lipases élevées, nouvelle hospitalisation en chirurgie viscérale, cette fois Vésiculette a fait très fort : l'un des calculs biliaires a migré dans le pancréas, j'ai donc une pancréatite aigüe, et là c'est quand même nettement plus embêtant (on rappelle que cette maladie est potentiellement mortelle, hein). -_- -_- -_-
On me prive de nourriture durant 3 jours pour laisser au pancréas le temps de se reposer, j'en ai marre...
Je n'ai plus de mots pour décrire l'état de lassitude qui est le mien.
Je vais avoir droit à une IRM pour voir si le calcul est toujours présent dans le pancréas ou bien s'il s'est évacué tout seul.
Mais l'avantage d'être hospitalisée au CH de Monaco c'est que Maternité et Chirurgie Viscérale travaillent main dans la main (la maternité est d'ailleurs juste à l'étage au-dessous) : j'ai des monitos tous les jours, parfois deux fois par jour, par des sage-femmes qui montent me voir directement dans ma chambre en chir viscérale.
Et comme la dernière fois, cette hospitalisation tombe pile poil à la date où était prévue mon échographie (T3 cette fois)... toujours avec le Docteur B., qui râle encore (!) cette fois-ci parce qu'il n'aime pas quand les patientes sont perfusées (pas pratique de bouger avec la potence !) et qu'il aurait préféré que l'écho soit reportée à après l'hospitalisation. Haha. Not.
Le bébé grandit et grossit parfaitement bien. Donc pas d'inquiétude pour lui. Il pèse 1,8 kilos pour l'instant, avec un poids de naissance estimé assez standard, style 3,3 kilos.
Je trouve qu'il a véritablement une tête de garçon, non ?
En tout cas avec des joues pareilles, on voit bien qu'il n'y a VRAIMENT que moi qui maigrit à vue d'oeil...
D'ailleurs à force de ne rien manger, je fais un malaise à l'hôpital. Une chute de tension à 6.
Le gastro-entérologue du service décide de me perfuser 2 poches de veinofer.
Au final, l'IRM a montré que le calcul qui a affecté le pancréas est éliminé; j'ai pu rentrer chez moi au bout de 4 jours d'hôpital.
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samedi 24 février 2018
Suivi psy
24 février 2018 -
J'ai entamé un suivi avec la psychologue mère-enfant de la maternité.
Ca ne va vraiment pas mieux, c'est pour cela que j'ai pris le taureau par les cornes et que j'ai initié ce suivi psy.
Je réalise que tant que ce bébé sera dans mon ventre j'aurai peur pour lui. Je n'ai plus le sentiment d'être capable de protéger la vie intra-utérine d'un enfant, je vois mon corps comme un tombeau juste capable de les faire mourir.
Donc tant qu'il ne sera pas sorti de là, ça n'ira pas mieux quoi que je fasse.
En parlant j'ai aussi cerné le fait que j'ai arrêté de vive pleinement depuis que j'ai perdu un bébé pour la seconde fois. J'ai vécu en mode survie, parfois difficilement, mais je ne prends de plaisir à rien, jamais. Je ne ris jamais, je n'ai même plus de joie à passer du temps avec les miens.
Quand j'ai voulu arranger mon scrapbook de 2017 la semaine dernière j'ai réalisé qu'il n'y avait presque pas de photos, et que tout était triste et figé sur celles que j'avais.
Ces derniers mois avec ce bébé qui bouge et qui donne des coups ont instillé la vie à nouveau, chaque mois un petit peu plus à la fois, c'est parce que cette vie est là que je réalise combien elle a été absente l'année qui vient de s'écouler.
Et s'il arrive quelque chose à ce bébé, en plus de lui c'est aussi cette petite étincelle de vie qui disparaîtra, ce qu'elle me permet de donner à nouveau à mes enfants ces dernières semaines alors que je ne le pouvais plus.
Cette idée me terrifie tout autant que celle de perdre à nouveau un bébé. Bref c'est très compliqué.
Pour m'investir un peu plus auprès de ce bébé j'ai reçu quelques suggestions : faire réaliser des photos de grossesse dans un joli environnement, avec de jolis vêtements, et commencer à réfléchir à des prénoms... Tout cela est complètement surréaliste au point où j'en suis...
On essaie aussi de travailler sur tout le reste, ma maladie, le décès de mon père que je ne gère absolument pas, etc etc. Beaucoup de travail en perspective.
J'ai entamé un suivi avec la psychologue mère-enfant de la maternité.
Ca ne va vraiment pas mieux, c'est pour cela que j'ai pris le taureau par les cornes et que j'ai initié ce suivi psy.
Je réalise que tant que ce bébé sera dans mon ventre j'aurai peur pour lui. Je n'ai plus le sentiment d'être capable de protéger la vie intra-utérine d'un enfant, je vois mon corps comme un tombeau juste capable de les faire mourir.
Donc tant qu'il ne sera pas sorti de là, ça n'ira pas mieux quoi que je fasse.
En parlant j'ai aussi cerné le fait que j'ai arrêté de vive pleinement depuis que j'ai perdu un bébé pour la seconde fois. J'ai vécu en mode survie, parfois difficilement, mais je ne prends de plaisir à rien, jamais. Je ne ris jamais, je n'ai même plus de joie à passer du temps avec les miens.
Quand j'ai voulu arranger mon scrapbook de 2017 la semaine dernière j'ai réalisé qu'il n'y avait presque pas de photos, et que tout était triste et figé sur celles que j'avais.
Ces derniers mois avec ce bébé qui bouge et qui donne des coups ont instillé la vie à nouveau, chaque mois un petit peu plus à la fois, c'est parce que cette vie est là que je réalise combien elle a été absente l'année qui vient de s'écouler.
Et s'il arrive quelque chose à ce bébé, en plus de lui c'est aussi cette petite étincelle de vie qui disparaîtra, ce qu'elle me permet de donner à nouveau à mes enfants ces dernières semaines alors que je ne le pouvais plus.
Cette idée me terrifie tout autant que celle de perdre à nouveau un bébé. Bref c'est très compliqué.
Pour m'investir un peu plus auprès de ce bébé j'ai reçu quelques suggestions : faire réaliser des photos de grossesse dans un joli environnement, avec de jolis vêtements, et commencer à réfléchir à des prénoms... Tout cela est complètement surréaliste au point où j'en suis...
On essaie aussi de travailler sur tout le reste, ma maladie, le décès de mon père que je ne gère absolument pas, etc etc. Beaucoup de travail en perspective.
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mardi 13 février 2018
Visite du 7ème mois
13 février 2018 -
Visite du 7ème mois ce matin.
Bon, enfin le Professeur C. se réveille un peu en voyant que je suis à 65 kilos sur la même balance où, le mois dernier, j'étais à 68,5.
Ca fait -3 kilos et demi de perdus en 1 mois. Je pèse désormais un kilo de moins que mon poids de début de grossesse.
"ah oui bon, c'est quand même beaucoup plus rapide que ce que j'aurais voulu voir, comme perte de poids..."
Donc en gros il dit : on attend l'écho T3 (dans 3 semaines) et on voit comment progresse la croissance de l'enfant (le fait que moi je fonde à vue d'oeil on s'en fout par cont', haha).
Si tout va bien pas de changement, sinon il faudra mettre en place un suivi bcp plus rapproché (lequel ? je ne peux rien changer à mon régime alimentaire tel qu'il est aujourd'hui sans encourir la colère redoutable de Vésiculette, donc mystère).
Bon sinon le reste (col, tension, hauteur utérine, bilans sanguins/urines) est ok.
Il reste 3 mois de grossesse, et 3 mois c'est super long quand tu as cette saloperie d'épée de Damoclès sur la tête... est-ce que ma vésicule va tenir le coup encore 3 mois ou pas ?
Sinon, comment opérer en urgence avec un si gros ventre ? Le bébé tiendra-t'il le coup ?
Bref.... si je n'avais pas eu ce souci de santé je pense que j'aurais pu essayer de me relaxer ce dernier trimestre, mais là...
Visite du 7ème mois ce matin.
Bon, enfin le Professeur C. se réveille un peu en voyant que je suis à 65 kilos sur la même balance où, le mois dernier, j'étais à 68,5.
Ca fait -3 kilos et demi de perdus en 1 mois. Je pèse désormais un kilo de moins que mon poids de début de grossesse.
"ah oui bon, c'est quand même beaucoup plus rapide que ce que j'aurais voulu voir, comme perte de poids..."
Donc en gros il dit : on attend l'écho T3 (dans 3 semaines) et on voit comment progresse la croissance de l'enfant (le fait que moi je fonde à vue d'oeil on s'en fout par cont', haha).
Si tout va bien pas de changement, sinon il faudra mettre en place un suivi bcp plus rapproché (lequel ? je ne peux rien changer à mon régime alimentaire tel qu'il est aujourd'hui sans encourir la colère redoutable de Vésiculette, donc mystère).
Bon sinon le reste (col, tension, hauteur utérine, bilans sanguins/urines) est ok.
Il reste 3 mois de grossesse, et 3 mois c'est super long quand tu as cette saloperie d'épée de Damoclès sur la tête... est-ce que ma vésicule va tenir le coup encore 3 mois ou pas ?
Sinon, comment opérer en urgence avec un si gros ventre ? Le bébé tiendra-t'il le coup ?
Bref.... si je n'avais pas eu ce souci de santé je pense que j'aurais pu essayer de me relaxer ce dernier trimestre, mais là...
dimanche 11 février 2018
Un petit après-midi aux urgences obstétricales
Tralala Pouet Pouet ! Et une petite aprème aux urgences, une ! Ça faisait longtemps...
Je me suis pris un coup de jus en débranchant une prise... -_- -_- -_-
Je n'ai rien, mais j'ai appelé la maternité pour demander si c'était gênant pour le bébé, et le gynécologue de garde m'a demandé de descendre tout de suite.
Je ne flippais pas trop au sujet de l'électrisation, parce que lorsque j'étais enceinte de Petite Chérie j'avais pris une sacrée châtaigne en touchant involontairement des fils dénudés, et la sage-femme qui me suivait alors m'avait dit que pour qu'une décharge soit préjudiciable il fallait vraiment avoir une brûlure, ou avoir été projetée au sol, etc.
Mais le gynéco de garde m'a dit avoir vu des cas cliniques pas cool liés à des électrisations, et du coup il a mis le paquet sur les examens.
Ce qui m'a vraiment rassurée en revanche c'est de voir que le bébé grandit et grossit bcp en dépit du fait que moi, je ne cesse de perdre du poids (je suis à +1 kilo depuis le début de grossesse...).
Son poids est déjà estimé à 1,5 kilo et il est légèrement au-dessus des courbes.
Cela m'inquiétait bcp car la dernière écho (l'écho morpho, faite durant mon hospitalisation pour cholecystite en décembre) remontait à avant que je sois au régime...
Bon du coup j'ai eu droit à un monito, une échographie, un doppler utérin, un doppler cérébral = tout est ok, je peux repartir.
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mardi 16 janvier 2018
Visite du 6ème mois
16 janvier 2018 -
Rdv du 6ème mois aujourd'hui.
Mon cher Docteur B., qui m'avait suivie jusqu'alors et que j'adorais, est parti dans le Nord pour démarrer sa nouvelle vie...
Compte tenu du caractère un peu compliqué de cette grossesse, il me laisse entre les mains du Professeur C., LE Chef de Service de l'unité gynéco-obstétrique du CH de Monaco, un ponte de l'obstétrique qui a des tas de publis scientifiques à son actif, qui est surbooké des mois à l'avance.
"C'est une chance" m'avait dit le Docteur B. "normalement il ne voit que des patientes monégasques, mais il aime bien les cas un peu compliqués !"
Donc voilà, je l'ai rencontré aujourd'hui.
Quand je suis arrivée, avec la patiente qui avait rdv juste avant moi à 14h, la secrétaire nous a indiqué qu'il n'était pas encore rentré de sa pause déjeuner... il reviendra finalement avec 50mn de retard. Bon... j'appelle mon amie pour qu'elle puisse récupérer les petits à l'école à 16h30, au cas où je n'arrive pas à l'heure. Heureusement qu'elle est là...
Et puis... Le Docteur B était juste absolument génial. Très à l'écoute, immensément d'empathie, mais très très rigoureux et méticuleux. Ne laissant jamais rien au hasard, il prenait le soin d'évaluer toutes les éventualités, au risque même d'être trop précautionneux (mais moi ça me rassurait d'être ainsi suivie).
Là...
"- Ah, vous avez perdu deux bébés avant cette grossesse... bah c'est pas grave, vous êtes à 25SA là, donc à l'abri des soucis maintenant haha.
- Ah vous ne pouvez pas manger de produits laitiers ni de lipides ni de sucre ni de viande rouge. Bah non, pas besoin de voir un nutritionniste, c'est juste pour 3 mois hein, héhé.
- Ah oui, vous avez perdu beaucoup de poids depuis le dernier rdv... mais c'est pas grave, à mon avis votre bébé puise quand même ce dont il a besoin pour grandir regardez, votre hauteur utérine est même au-dessus de la norme pour votre terme, donc c'est que le bébé grandit bien hoho.
- Ah bon, vous ne pouvez pas faire le test o'sullivan. Bah c'est pas grave, on fera une glycémie à jeun puis une glycémie post-prandiale (le Docteur B. m'avait assuré que ça n'était pas fiable, mais bon) y'a pas de raison de s'inquiéter, hinhin.
- Ah oui le Docteur B. vous avait dit que parfois les soucis de vésicule biliaire pouvaient déclencher une cholestase gravidique en fin de grossesse (maladie hépatique grave pouvait mener à la mort du foetus si le traitement ne fonctionne pas ou si non décelée à temps). Oui boarf nan, pas de suivi particulier sur ce point, si jamais vous ressentez des démangeaisons z'avez qu'à venir à la maternité (sauf que chez certaines patientes ce symptôme est inexistant). Pis vous n'avez jamais fait de cholestase pour vos autres grossesses, donc y'a pas de raison hein, huhu.
- Ah oui, vous opérer en urgence si jamais vous faites une récidive de cholecystite (vésicule biliaire infectée, c'est ce qui m'est arrivé lors de mon hospitalisation #1) au 3ème trimestre ? Oui ce serait un peu embêtant à ce terme-là mais booooon, on verra hein. Au pire si ça arrive après 36SA on fait naître le bébé avant, meuh boooooooon. Y'a pas de raison hein, hihi."
Je ne sais pas quoi penser. :(
Je suis sûre qu'il est hyper compétent, et je sais bien qu'il doit gérer des grossesses pathologiques qui sont infiniment plus préoccupantes que la mienne, mais du coup j'ai l'impression qu'il prend mon cas par-dessus la jambe et cela m'inquiète. :(
Rdv du 6ème mois aujourd'hui.
Mon cher Docteur B., qui m'avait suivie jusqu'alors et que j'adorais, est parti dans le Nord pour démarrer sa nouvelle vie...
Compte tenu du caractère un peu compliqué de cette grossesse, il me laisse entre les mains du Professeur C., LE Chef de Service de l'unité gynéco-obstétrique du CH de Monaco, un ponte de l'obstétrique qui a des tas de publis scientifiques à son actif, qui est surbooké des mois à l'avance.
"C'est une chance" m'avait dit le Docteur B. "normalement il ne voit que des patientes monégasques, mais il aime bien les cas un peu compliqués !"
Donc voilà, je l'ai rencontré aujourd'hui.
Quand je suis arrivée, avec la patiente qui avait rdv juste avant moi à 14h, la secrétaire nous a indiqué qu'il n'était pas encore rentré de sa pause déjeuner... il reviendra finalement avec 50mn de retard. Bon... j'appelle mon amie pour qu'elle puisse récupérer les petits à l'école à 16h30, au cas où je n'arrive pas à l'heure. Heureusement qu'elle est là...
Et puis... Le Docteur B était juste absolument génial. Très à l'écoute, immensément d'empathie, mais très très rigoureux et méticuleux. Ne laissant jamais rien au hasard, il prenait le soin d'évaluer toutes les éventualités, au risque même d'être trop précautionneux (mais moi ça me rassurait d'être ainsi suivie).
Là...
"- Ah, vous avez perdu deux bébés avant cette grossesse... bah c'est pas grave, vous êtes à 25SA là, donc à l'abri des soucis maintenant haha.
- Ah vous ne pouvez pas manger de produits laitiers ni de lipides ni de sucre ni de viande rouge. Bah non, pas besoin de voir un nutritionniste, c'est juste pour 3 mois hein, héhé.
- Ah oui, vous avez perdu beaucoup de poids depuis le dernier rdv... mais c'est pas grave, à mon avis votre bébé puise quand même ce dont il a besoin pour grandir regardez, votre hauteur utérine est même au-dessus de la norme pour votre terme, donc c'est que le bébé grandit bien hoho.
- Ah bon, vous ne pouvez pas faire le test o'sullivan. Bah c'est pas grave, on fera une glycémie à jeun puis une glycémie post-prandiale (le Docteur B. m'avait assuré que ça n'était pas fiable, mais bon) y'a pas de raison de s'inquiéter, hinhin.
- Ah oui le Docteur B. vous avait dit que parfois les soucis de vésicule biliaire pouvaient déclencher une cholestase gravidique en fin de grossesse (maladie hépatique grave pouvait mener à la mort du foetus si le traitement ne fonctionne pas ou si non décelée à temps). Oui boarf nan, pas de suivi particulier sur ce point, si jamais vous ressentez des démangeaisons z'avez qu'à venir à la maternité (sauf que chez certaines patientes ce symptôme est inexistant). Pis vous n'avez jamais fait de cholestase pour vos autres grossesses, donc y'a pas de raison hein, huhu.
- Ah oui, vous opérer en urgence si jamais vous faites une récidive de cholecystite (vésicule biliaire infectée, c'est ce qui m'est arrivé lors de mon hospitalisation #1) au 3ème trimestre ? Oui ce serait un peu embêtant à ce terme-là mais booooon, on verra hein. Au pire si ça arrive après 36SA on fait naître le bébé avant, meuh boooooooon. Y'a pas de raison hein, hihi."
Je ne sais pas quoi penser. :(
Je suis sûre qu'il est hyper compétent, et je sais bien qu'il doit gérer des grossesses pathologiques qui sont infiniment plus préoccupantes que la mienne, mais du coup j'ai l'impression qu'il prend mon cas par-dessus la jambe et cela m'inquiète. :(
lundi 18 décembre 2017
Première immersion en Vésiculie : hospitalisation #1 et écho T2
18 décembre 2017
Deux heures après le souper, je suis au lit, comme tous les soirs... Brusquement, une douleur horrible, insoutenable, et qui monte en intensité, prend naissance dans ma poitrine.
Comme une sorte d'étau qui serrerait très très fort la poitrine (j'ai cru faire une crise cardiaque !), juste au-dessous des seins, surtout du côté droit.
Je prends du spafon, du maalox, du doliprane. Rien.
Cela empire, l'étau se resserre, je ne peux plus respirer. Je demande à PapaChan d’appeler le samu, samu qui m'envoie gentiment balader en évoquant une gastro-entérite. Et puis, la douleur cesse toute seule au bout d'une heure et demie, de façon nette, en quelques instants. WTF just happened ?
Puis une seconde crise survient, le surlendemain, beaucoup plus longue cette fois-ci (5 heures non-stop). Fuck le samu avec leur gastro, je file aux urgences. Avec en tête le souvenir de ma belle-soeur qui avait eu des soucis de vésicule biliaire durant sa grossesse, je plaide pour avoir un bilan hépatique sanguin, que l'on me fait enfin et qui revient "perturbé", me dit-on.
Ils décident de me garder pour la nuit, j'aurai une échographie abdominale le lendemain.
Là, le diagnostic tombe : lithiases biliaires (c'est à dire des calculs dans la vésicule biliaire), et un début de cholecystite (inflammation/infection de ladite vésicule). Je suis hospitalisée en chirurgie viscérale au Centre Hospitalier de Monaco.
Ils parlent de m'opérer pour enlever la vésicule... mais m'indiquent bien qu'une anesthésie générale peut être dangereuse pour le bébé. :(
Pff... et tout ceci juste après le décès de mon papa... je suis tellement fatiguée de toutes ces tuiles.
J'imagine aussi que je dois pouvoir avoir le droit de refuser l'opération (et donc l'anesthésie) jusqu'au terme, mais je ne sais pas... J'ai eu deux crises en 2 jours, j'ai pensé mourir de douleur... Comment tenir encore 4 mois comme ça ? 😰😰😰😰😐
D'un autre côté si mon bébé, qui est actuellement en pleine santé, réagit mal à l'anesthésie et que je le perds ?... Quel choix horrible...
Au deuxième jour d'hospitalisation, l'anesthésiste vient me dire qu'on va tenter autre chose avant d'opérer. Prise d'antibiotiques pour stopper l'inflammation de la vésicule, régime super strict sans gras, contrôle écho de la vésicule toutes les semaines, et on voit pour tenir 4 mois ainsi et opérer après l'accouchement.
Je suis à la fois soulagée et terrorisée, parce que je sais bien qu'il y aura des récidives.
Mon écho T2 était prévue ce même jour avec le Docteur S., qui avait fait mon écho T1 à l'hôpital Lenval de Nice. Etant hospitalisée à Monaco et donc dans l'incapacité d'avoir mon échographie, on me colle entre les mains du Docteur B. qui me prend exprès entre deux patientes.
A ne pas confondre avec le Docteur B. (mon gynécologue), le Docteur B. échographe c'est juste LE spécialiste de l'échographie obstétricale, dans le département et même dans la région.
Il râle abondamment de cette consultation imprévue, mais il pratique l'examen avec beaucoup de minutie. Le bébé va très bien.
Le Docteur B., tout fier de ses super machines, voulut ABSOLUMENT tirer le portrait 3D du bébé. Je ne sais pas pourquoi, je ne lui avais absolument rien demandé... Or le bébé était de dos, donc pas évident, et pendant 10 minutes le médecin a appuyé comme un fou sur le haut droit de mon utérus (donc peu ou prou là où se trouve Vésiculette) pour le faire se tourner 😨😨😨😨😨 la douleur était horrible, j'ai du lui demander d'arrêter.... Du coup il m'a fait un magnifique portrait 3D de ses deux jambes/pieds croisés. 🙄
Inutile de dire que Vésiculette n'a que très moyennement apprécié, et a fait la gueule pendant 24h après ça.
Après quelques jours d'hospitalisation sous antibiotiques pour guérir l'inflammation, les bilans sanguins redevinrent normaux ; j'eus pour instruction de rentrer chez moi, et de mener ma grossesse à terme avec "un régime léger, sans gras".
En me documentant sur les groupes de paroles dédiés aux personnes souffrant de lithiases biliaires, je compris tout de suite que les recommandations étaient beaucoup plus compliquées que ça, en réalité :
Pas de matières grasses. Aucune. Ni cuite, ni crue.
Pas de sucre.
Pas de produits laitiers.
Pas d'oléagineux.
Pas de café, pas de thé. Pas de chocolat sous toutes ses formes, évidemment.
Pas de viande rouge, ni de viande grasse.
Pas d'oeufs. Sous quelque forme que ce soit.
Pas d'alcool (mais enceinte cela va de soi)
Pas de poissons gras.
Pas de féculents "blancs".
Pas de légumes difficiles à digérer.
Aucun aliment industriellement transformé.
Jamais de grosses assiettes, mais de toutes petites portions, plusieurs fois par jour.
J'avais ordre de retourner directement aux urgences en cas de nouvelle crise.
Et justement, j'avoue que je vis dans la terreur constante d'une récidive. :(
Je pense vraiment n'avoir jamais eu aussi atrocement mal de ma vie (et pourtant j'ai accouché par voie basse trois fois, avec à chaque fois des péridurales qui n'ont pas marché !!).
Et j'ai surtout peur de ce qui pourrait se passer si ça recommence.. à qui confier les enfants, comment assurer une prise en charge la plus rapide possible pour éviter les complications d'une lithiase biliaire (ça peut aller jusqu'à la pancréatite aigüe, et même la septicémie, pas du tout flippant hein)... la dernière fois, au lieu de faire appel aux pompiers qui sont à 3 minutes de chez moi, le médecin a appelé une ambulance conduite par deux gus à 2 de tension, partis de Nice et qui mirent 1h00 à arriver jusque chez moi. :(
Compte tenu de tout ça, je me dis souvent que l'opération tout de suite serait sans doute préférable, mais ils ne sont pas chauds du tout au CH de Monaco d'autant que le bilan sanguin est désormais parfait et qu'il est parfaitement possible (selon eux) qu'il n'y ait aucune récidive au cours de la grossesse.
J'ai rdv le 8 janvier avec le chirurgien (je suis suivie tous les 15j.), je vais en rediscuter avec lui.
Deux heures après le souper, je suis au lit, comme tous les soirs... Brusquement, une douleur horrible, insoutenable, et qui monte en intensité, prend naissance dans ma poitrine.
Comme une sorte d'étau qui serrerait très très fort la poitrine (j'ai cru faire une crise cardiaque !), juste au-dessous des seins, surtout du côté droit.
Je prends du spafon, du maalox, du doliprane. Rien.
Cela empire, l'étau se resserre, je ne peux plus respirer. Je demande à PapaChan d’appeler le samu, samu qui m'envoie gentiment balader en évoquant une gastro-entérite. Et puis, la douleur cesse toute seule au bout d'une heure et demie, de façon nette, en quelques instants. WTF just happened ?
Puis une seconde crise survient, le surlendemain, beaucoup plus longue cette fois-ci (5 heures non-stop). Fuck le samu avec leur gastro, je file aux urgences. Avec en tête le souvenir de ma belle-soeur qui avait eu des soucis de vésicule biliaire durant sa grossesse, je plaide pour avoir un bilan hépatique sanguin, que l'on me fait enfin et qui revient "perturbé", me dit-on.
Ils décident de me garder pour la nuit, j'aurai une échographie abdominale le lendemain.
Là, le diagnostic tombe : lithiases biliaires (c'est à dire des calculs dans la vésicule biliaire), et un début de cholecystite (inflammation/infection de ladite vésicule). Je suis hospitalisée en chirurgie viscérale au Centre Hospitalier de Monaco.
Ils parlent de m'opérer pour enlever la vésicule... mais m'indiquent bien qu'une anesthésie générale peut être dangereuse pour le bébé. :(
Pff... et tout ceci juste après le décès de mon papa... je suis tellement fatiguée de toutes ces tuiles.
J'imagine aussi que je dois pouvoir avoir le droit de refuser l'opération (et donc l'anesthésie) jusqu'au terme, mais je ne sais pas... J'ai eu deux crises en 2 jours, j'ai pensé mourir de douleur... Comment tenir encore 4 mois comme ça ? 😰😰😰😰😐
D'un autre côté si mon bébé, qui est actuellement en pleine santé, réagit mal à l'anesthésie et que je le perds ?... Quel choix horrible...
Au deuxième jour d'hospitalisation, l'anesthésiste vient me dire qu'on va tenter autre chose avant d'opérer. Prise d'antibiotiques pour stopper l'inflammation de la vésicule, régime super strict sans gras, contrôle écho de la vésicule toutes les semaines, et on voit pour tenir 4 mois ainsi et opérer après l'accouchement.
Je suis à la fois soulagée et terrorisée, parce que je sais bien qu'il y aura des récidives.
Mon écho T2 était prévue ce même jour avec le Docteur S., qui avait fait mon écho T1 à l'hôpital Lenval de Nice. Etant hospitalisée à Monaco et donc dans l'incapacité d'avoir mon échographie, on me colle entre les mains du Docteur B. qui me prend exprès entre deux patientes.
A ne pas confondre avec le Docteur B. (mon gynécologue), le Docteur B. échographe c'est juste LE spécialiste de l'échographie obstétricale, dans le département et même dans la région.
Il râle abondamment de cette consultation imprévue, mais il pratique l'examen avec beaucoup de minutie. Le bébé va très bien.
Le Docteur B., tout fier de ses super machines, voulut ABSOLUMENT tirer le portrait 3D du bébé. Je ne sais pas pourquoi, je ne lui avais absolument rien demandé... Or le bébé était de dos, donc pas évident, et pendant 10 minutes le médecin a appuyé comme un fou sur le haut droit de mon utérus (donc peu ou prou là où se trouve Vésiculette) pour le faire se tourner 😨😨😨😨😨 la douleur était horrible, j'ai du lui demander d'arrêter.... Du coup il m'a fait un magnifique portrait 3D de ses deux jambes/pieds croisés. 🙄
Inutile de dire que Vésiculette n'a que très moyennement apprécié, et a fait la gueule pendant 24h après ça.
Après quelques jours d'hospitalisation sous antibiotiques pour guérir l'inflammation, les bilans sanguins redevinrent normaux ; j'eus pour instruction de rentrer chez moi, et de mener ma grossesse à terme avec "un régime léger, sans gras".
En me documentant sur les groupes de paroles dédiés aux personnes souffrant de lithiases biliaires, je compris tout de suite que les recommandations étaient beaucoup plus compliquées que ça, en réalité :
Pas de matières grasses. Aucune. Ni cuite, ni crue.
Pas de sucre.
Pas de produits laitiers.
Pas d'oléagineux.
Pas de café, pas de thé. Pas de chocolat sous toutes ses formes, évidemment.
Pas de viande rouge, ni de viande grasse.
Pas d'oeufs. Sous quelque forme que ce soit.
Pas d'alcool (mais enceinte cela va de soi)
Pas de poissons gras.
Pas de féculents "blancs".
Pas de légumes difficiles à digérer.
Aucun aliment industriellement transformé.
Jamais de grosses assiettes, mais de toutes petites portions, plusieurs fois par jour.
J'avais ordre de retourner directement aux urgences en cas de nouvelle crise.
Et justement, j'avoue que je vis dans la terreur constante d'une récidive. :(
Je pense vraiment n'avoir jamais eu aussi atrocement mal de ma vie (et pourtant j'ai accouché par voie basse trois fois, avec à chaque fois des péridurales qui n'ont pas marché !!).
Et j'ai surtout peur de ce qui pourrait se passer si ça recommence.. à qui confier les enfants, comment assurer une prise en charge la plus rapide possible pour éviter les complications d'une lithiase biliaire (ça peut aller jusqu'à la pancréatite aigüe, et même la septicémie, pas du tout flippant hein)... la dernière fois, au lieu de faire appel aux pompiers qui sont à 3 minutes de chez moi, le médecin a appelé une ambulance conduite par deux gus à 2 de tension, partis de Nice et qui mirent 1h00 à arriver jusque chez moi. :(
Compte tenu de tout ça, je me dis souvent que l'opération tout de suite serait sans doute préférable, mais ils ne sont pas chauds du tout au CH de Monaco d'autant que le bilan sanguin est désormais parfait et qu'il est parfaitement possible (selon eux) qu'il n'y ait aucune récidive au cours de la grossesse.
J'ai rdv le 8 janvier avec le chirurgien (je suis suivie tous les 15j.), je vais en rediscuter avec lui.
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samedi 9 décembre 2017
L'impact du deuil du Père pendant la grossesse
Nous sommes le 9 décembre 2017. Mon papa est mort ce matin.
Je suis enceinte de 20 semaines.
Mon père est un peu baroudeur, il voyage beaucoup. Il était pour l'instant avec son épouse chez les parents de celle-ci, dans le Nord... moi je suis dans les Alpes Maritimes.
Mon frère et ma soeur vont bien sûr monter pour assister à la crémation. Je veux absolument les accompagner, mais d'un autre côté j'ai une peur terrible de prendre l'avion enceinte et qu'il arrive quelque chose au bébé.... je me sens super égoïste de penser ça (en plus de tout le reste).
J'étais tellement pas prête. Les maladies sont horribles à vivre pour les accompagnants, mais ne préparent-elles pas, quelque part, à la mort lorsqu'elle est inévitable ?
Alors que là, un papa en pleine forme la veille, et mort d'un AVC le lendemain, c'est le choc total.
Alors du coup, comme il n'est jamais là (ou très rarement) je ne me rends pas du tout compte qu'il est mort. Que je ne le verrai jamais plus vivant. Ca reste abstrait. Comme un peu fantasmagorique.
Son épouse était dans tous ses états au téléphone, et c'était moi, parfaitement calme, qui la consolais. Je pense que mon inconscient gère ça un peu à la façon de Scarlett O'Hara dans Autant en Emporte le Vent : "Bon je sais que ce qui vient d'arriver est très grave mais je ne vais pas y penser maintenant. Si j'y pense maintenant, toutes les vannes vont lâcher et ça va être très très moche, et j'ai tellement de choses à gérer là tout de suite que je dois rester forte. J'y penserai plus tard, quand ce sera le bon moment".
Alors que faire ? Je lis qu'il y a des risques de phlébite à prendre l'avion enceinte.
Si j'y vais en train il faut changer à Paris, et aller de la Gare de Lyon à la Gare du Nord... donc du piétinage en perspective.
Je ne sais pas. Quelle que soit la raison, fût-elle totalement justifiée, jusqu'à la fin de ma vie je me sentirai comme la dernière des dernières si je ne suis pas sur place pour dire aurevoir à mon père le jour de ses funérailles.
Et c'est parce que le contexte de cette grossesse est totalement particulier, fait d'inquiétude, d'anxiété permanente et de non-confiance en moi/mon corps que j'ai si peur pour le bébé.
Enceinte de Fils Aîné, j'ai pris l'avion pour la Suède avec PapaChan, marché des heures durant dans la campagne suédoise gelée avec lui, et pas une seule seconde j'ai pensé que quoi que ce soit pourrait arriver à ce bébé, je n'en avais même pas informé ma gynéco.
Le lendemain, je suis à la maternité pour ma visite du 5ème mois. J'ai donc pu expliquer la situation au Docteur B., il fait une échographie pour voir comment est le col de l'utérus (pour voir s'il peut supporter un tel voyage) - le col mesure 32 mm et le Docteur B. me dit "bon ben super, vous pouvez y aller sans problème, je vous fais une attestation pour la compagnie aérienne !".
Or en rentrant, je lis sur internet que 32 mm c'est vraiment pas top du tout et que normalement avec un col comme ça je devrais rester allongée sans rien faire au repos complet ! O_O
J'appelle ma sage-femme qui se montre bcp plus prudente : elle me demande si je peux au moins prendre une semaine de break entre l'aller et le retour. Non, je lui réponds que c'est impossible : nous partons mercredi et revenons jeudi soir. Elle me déconseille alors formellement ce voyage.
Donc j'en suis là... je ne comprends pas pourquoi lui me dit que je peux faire 1000 km avec un col court, elle me dit que chez une multipare 32mm c'est normal et que ce qui compte c'est qu'il soit fermé et tonique, mais que même sans ça, ce voyage est risqué.
Alors qui croire ? Que faire... ?
Eh bien finalement je ne suis pas partie... mon frère et ma soeur sont partis le mercredi sans moi en m'expliquant que de toutes façons, il y avait encore 2h de voiture après le trajet en avion et que donc, d'une façon ou d'une autre, ils ne m'auraient pas laissée les accompagner.
Jeudi après-midi, ma soeur m'a prévenue par texto que la cérémonie était terminée, qu'elle avait été très émouvante, et que mon frère et elle étaient maintenant sur le retour.
J'ai eu A. (l'épouse de Papa) en ligne peu de temps après... elle m'a longuement raconté le déroulement de la journée, les textes lus, les musiques et chansons qui ont rythmé la cérémonie... cette conversation a eu pour effet de concrétiser (dans une certaine mesure) les choses pour moi alors que, n'ayant pas assisté aux funérailles, n'ayant pas vu mon père mort dans son cercueil, etc etc - j'avais plutôt tendance ces derniers jours à faire comme si rien ne s'était passé, comme si je n'avais jamais eu cette info, et que mon père était loin comme d'hab en Polynésie ou ailleurs, sans que nous nous contactions plus que ça.
A la suite de cette conversation j'ai été vraiment super mal.
Mais dès lundi j'ai eu d'autres préoccupations liées à ma santé/grossesse et je suis repassée en mode déni total vis-à-vis de ce décès. Je refuse de penser au fait qu'il soit mort, je ne peux pas, je n'y arrive pas parce que là, tout de suite, mon cerveau est incapable de processer cette réalité sans que je perde totalement les pédales, or ce n'est pas le moment du tout, donc non, voilà. J'y penserai plus tard.
J'ai conscience du fait que pour aborder un deuil de façon saine ça craint complètement, mais là il faut vraiment que je gère une chose à la fois.
Je suis enceinte de 20 semaines.
Mon père est un peu baroudeur, il voyage beaucoup. Il était pour l'instant avec son épouse chez les parents de celle-ci, dans le Nord... moi je suis dans les Alpes Maritimes.
Mon frère et ma soeur vont bien sûr monter pour assister à la crémation. Je veux absolument les accompagner, mais d'un autre côté j'ai une peur terrible de prendre l'avion enceinte et qu'il arrive quelque chose au bébé.... je me sens super égoïste de penser ça (en plus de tout le reste).
J'étais tellement pas prête. Les maladies sont horribles à vivre pour les accompagnants, mais ne préparent-elles pas, quelque part, à la mort lorsqu'elle est inévitable ?
Alors que là, un papa en pleine forme la veille, et mort d'un AVC le lendemain, c'est le choc total.
Alors du coup, comme il n'est jamais là (ou très rarement) je ne me rends pas du tout compte qu'il est mort. Que je ne le verrai jamais plus vivant. Ca reste abstrait. Comme un peu fantasmagorique.
Son épouse était dans tous ses états au téléphone, et c'était moi, parfaitement calme, qui la consolais. Je pense que mon inconscient gère ça un peu à la façon de Scarlett O'Hara dans Autant en Emporte le Vent : "Bon je sais que ce qui vient d'arriver est très grave mais je ne vais pas y penser maintenant. Si j'y pense maintenant, toutes les vannes vont lâcher et ça va être très très moche, et j'ai tellement de choses à gérer là tout de suite que je dois rester forte. J'y penserai plus tard, quand ce sera le bon moment".
Alors que faire ? Je lis qu'il y a des risques de phlébite à prendre l'avion enceinte.
Si j'y vais en train il faut changer à Paris, et aller de la Gare de Lyon à la Gare du Nord... donc du piétinage en perspective.
Je ne sais pas. Quelle que soit la raison, fût-elle totalement justifiée, jusqu'à la fin de ma vie je me sentirai comme la dernière des dernières si je ne suis pas sur place pour dire aurevoir à mon père le jour de ses funérailles.
Et c'est parce que le contexte de cette grossesse est totalement particulier, fait d'inquiétude, d'anxiété permanente et de non-confiance en moi/mon corps que j'ai si peur pour le bébé.
Enceinte de Fils Aîné, j'ai pris l'avion pour la Suède avec PapaChan, marché des heures durant dans la campagne suédoise gelée avec lui, et pas une seule seconde j'ai pensé que quoi que ce soit pourrait arriver à ce bébé, je n'en avais même pas informé ma gynéco.
Le lendemain, je suis à la maternité pour ma visite du 5ème mois. J'ai donc pu expliquer la situation au Docteur B., il fait une échographie pour voir comment est le col de l'utérus (pour voir s'il peut supporter un tel voyage) - le col mesure 32 mm et le Docteur B. me dit "bon ben super, vous pouvez y aller sans problème, je vous fais une attestation pour la compagnie aérienne !".
Or en rentrant, je lis sur internet que 32 mm c'est vraiment pas top du tout et que normalement avec un col comme ça je devrais rester allongée sans rien faire au repos complet ! O_O
J'appelle ma sage-femme qui se montre bcp plus prudente : elle me demande si je peux au moins prendre une semaine de break entre l'aller et le retour. Non, je lui réponds que c'est impossible : nous partons mercredi et revenons jeudi soir. Elle me déconseille alors formellement ce voyage.
Donc j'en suis là... je ne comprends pas pourquoi lui me dit que je peux faire 1000 km avec un col court, elle me dit que chez une multipare 32mm c'est normal et que ce qui compte c'est qu'il soit fermé et tonique, mais que même sans ça, ce voyage est risqué.
Alors qui croire ? Que faire... ?
Eh bien finalement je ne suis pas partie... mon frère et ma soeur sont partis le mercredi sans moi en m'expliquant que de toutes façons, il y avait encore 2h de voiture après le trajet en avion et que donc, d'une façon ou d'une autre, ils ne m'auraient pas laissée les accompagner.
Jeudi après-midi, ma soeur m'a prévenue par texto que la cérémonie était terminée, qu'elle avait été très émouvante, et que mon frère et elle étaient maintenant sur le retour.
J'ai eu A. (l'épouse de Papa) en ligne peu de temps après... elle m'a longuement raconté le déroulement de la journée, les textes lus, les musiques et chansons qui ont rythmé la cérémonie... cette conversation a eu pour effet de concrétiser (dans une certaine mesure) les choses pour moi alors que, n'ayant pas assisté aux funérailles, n'ayant pas vu mon père mort dans son cercueil, etc etc - j'avais plutôt tendance ces derniers jours à faire comme si rien ne s'était passé, comme si je n'avais jamais eu cette info, et que mon père était loin comme d'hab en Polynésie ou ailleurs, sans que nous nous contactions plus que ça.
A la suite de cette conversation j'ai été vraiment super mal.
Mais dès lundi j'ai eu d'autres préoccupations liées à ma santé/grossesse et je suis repassée en mode déni total vis-à-vis de ce décès. Je refuse de penser au fait qu'il soit mort, je ne peux pas, je n'y arrive pas parce que là, tout de suite, mon cerveau est incapable de processer cette réalité sans que je perde totalement les pédales, or ce n'est pas le moment du tout, donc non, voilà. J'y penserai plus tard.
J'ai conscience du fait que pour aborder un deuil de façon saine ça craint complètement, mais là il faut vraiment que je gère une chose à la fois.
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dimanche 19 novembre 2017
Echo du premier trimestre
Après un rhume devenu sinusite aigüe (horrible), suivi de ce que j'ai pris pour une gastro (mais en réalité les premières manifestations de colère de ma copine Vésiculette), j'essaie maintenant d'échapper à l'épidémie de pied-main-bouche qui sévit à l'école maternelle où sont scolarisés Petite Chérie et Petit Garçon.
Pas tant pour moi, parce que trois boutons sur les mains/pieds ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais parce que c'est un virus potentiellement dangereux pendant la grossesse (peut éventuellement causer une mort foetale in utero, il se trouve que c'est arrivé récemment à une maman que je connais, à 22SA, avec ce même virus justement ).
Mais bon, malgré toutes les précautions que je prends, il est illusoire d'imaginer que, si Petite Chérie ou Petit Garçon reviennent avec ça à la maison, je vais pouvoir y échapper. Je n'ai aucun contrôle sur la situation, donc que faire...
J'ai fait l'écho T1 fin octobre.
Le CH de Monaco m'a appelée la veille de l'examen : "Désolé, tous nos médecins sont malades, on ne pourra pas vous faire cette écho demain. Prenez un autre rendez-vous ailleurs !"
Mais oui bien sûr ! *coeur*
Va t'en caler un rdv pour une écho T1 la veille pour le lendemain, là où les plannings sont pleins partout depuis perpète et pour un tel examen...
Je finis par trouver, à l'hôpital Lenval à Nice auprès du Docteur S.
C'était une période où je ne sentais pas encore le bébé bouger, je n'avais plus trop de symptômes non plus, du coup je ne me sentais vraiment pas bien au moment de l'examen. J'étais tellement sûre qu'elle allait m'annoncer une mauvaise nouvelle, que j'avais même prévenu la crèche la veille que je risquais de ne pas pouvoir être là les 3 prochains jours...
Puis non, tout s'est bien passé... j'ai même réussi à regarder l'écran devant moi.
En suivant j'ai fait le tritest (ok), puis comme je suis totalement hyperanxieuse j'ai quand même fait un DPNI dans la foulée (400 boules non remboursé, youhou), dont le résultat m'est revenu au bout d'une semaine : pas de trisomie.
Maintenant que je sens régulièrement le bébé bouger et que je suis rassurée sur sa vitalité, j'espère ne pas avoir à affronter un nouveau coup du sort avec ce virus, je croise les doigts...
Mon stage se termine demain, je me repose jusqu'à la fin de la semaine parce que je suis vraiment très fatiguée, et dès lundi je reprends les révisions.
Pas tant pour moi, parce que trois boutons sur les mains/pieds ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais parce que c'est un virus potentiellement dangereux pendant la grossesse (peut éventuellement causer une mort foetale in utero, il se trouve que c'est arrivé récemment à une maman que je connais, à 22SA, avec ce même virus justement ).
Mais bon, malgré toutes les précautions que je prends, il est illusoire d'imaginer que, si Petite Chérie ou Petit Garçon reviennent avec ça à la maison, je vais pouvoir y échapper. Je n'ai aucun contrôle sur la situation, donc que faire...
J'ai fait l'écho T1 fin octobre.
Le CH de Monaco m'a appelée la veille de l'examen : "Désolé, tous nos médecins sont malades, on ne pourra pas vous faire cette écho demain. Prenez un autre rendez-vous ailleurs !"
Mais oui bien sûr ! *coeur*
Va t'en caler un rdv pour une écho T1 la veille pour le lendemain, là où les plannings sont pleins partout depuis perpète et pour un tel examen...
Je finis par trouver, à l'hôpital Lenval à Nice auprès du Docteur S.
C'était une période où je ne sentais pas encore le bébé bouger, je n'avais plus trop de symptômes non plus, du coup je ne me sentais vraiment pas bien au moment de l'examen. J'étais tellement sûre qu'elle allait m'annoncer une mauvaise nouvelle, que j'avais même prévenu la crèche la veille que je risquais de ne pas pouvoir être là les 3 prochains jours...
Puis non, tout s'est bien passé... j'ai même réussi à regarder l'écran devant moi.
En suivant j'ai fait le tritest (ok), puis comme je suis totalement hyperanxieuse j'ai quand même fait un DPNI dans la foulée (400 boules non remboursé, youhou), dont le résultat m'est revenu au bout d'une semaine : pas de trisomie.
Maintenant que je sens régulièrement le bébé bouger et que je suis rassurée sur sa vitalité, j'espère ne pas avoir à affronter un nouveau coup du sort avec ce virus, je croise les doigts...
Mon stage se termine demain, je me repose jusqu'à la fin de la semaine parce que je suis vraiment très fatiguée, et dès lundi je reprends les révisions.
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mardi 26 septembre 2017
Echo de datation
26 septembre 2017 -
Alors j'ai fait une écho aujourd'hui.
Je n'avais pas du tout fait de prise de sang (à quoi bon...) et le Docteur B. qui me suit à l'hôpital de Monaco, reste habituellement assez bienveillant quant à mes refus et mes réserves. Mais il m'a dit qu'on ne pouvait pas écarter l'écho de datation, qui permet de savoir si la grossesse est évolutive ou pas. J'ai dit ok.
Après tout si celui-ci non plus ne vit pas, autant le savoir et le prendre en charge dès maintenant plutôt que le découvrir fortuitement durant mon stage en crèche, qui débutera dans quelques semaines.
Le médecin qui fait l'écho est l'associée du Dr B. qui est un spécialiste de renommée internationale en termes d'échographie obstétricale, basé à l'hôpital de Monaco où je suis suivie.
Elle est ultra-compétente, mais aussi très terre-à-terre. Elle prend connaissance de mon dossier, les deux fausses-couches tardives, les tests, les bilans, puis elle me dit : "mais... mais vous avez trois enfants ??!"
"oui...?"
"Ah boooon, mais ça va alors ! Vous avez suffisamment donné ! Pourquoi vouloir en faire un 4ème ?! Trois enfants c'est largement suffisant, vous êtes assez occupée comme ça !"
"Parce que ce 4ème enfant, c'est notre souhait. Enfin... c'était notre souhait."
"Ah oui. Enfin, parfois vous savez, il vaut mieux ne pas forcer la nature."
C'est tout à fait mon état d'esprit actuel. On est sur la même longueur d'ondes.
Elle commence en endo-vaginal mais ma vessie étant littéralement sur le point d'exploser (la secrétaire m'avait dit qu'il valait mieux y aller vessie pleine), elle ne voit rien. Ni embryon, ni poche.
Alors elle passe en abdominal et m'enjoint à regarder l'écran. Je refuse. Je n'en ai pas la moindre envie. J'avais regardé de toutes les fibres de mon être ces bébés resplendissants de santé virevolter, gigoter avec fougue. J'avais passé et repassé ces images dans ma tête. J'avais projeté une identité pour eux, je m'étais projetée avec eux.
La seule image qui me reste, qui me hante encore à ce jour, est celle de mon dernier bébé, inerte sur cette image en noir et blanc, bougeant doucement avec les ondes du liquide amniotique alors que ma sage-femme secoue frénétiquement mon ventre pour "le réveiller, il est sûrement entrain de dormir, allez bébé, bouge !".
Je ne veux plus vivre ça. Plus jamais.
Elle comprend. Elle me dit qu'elle va malgré tout actionner le doppler cardiaque, car cet embryon-là est bien en vie pour l'instant, et que cela fait partie de l'examen. Je me dis qu'elle ne serait sans doute pas obligée de mettre le son si elle le voulait, mais je comprends pourquoi elle le fait.
J'entends ce bruit, ce coeur qui galope, insolent, assourdissant. Cela ne me fait rien. Je ne me sens pas joyeuse, pas soulagée. Les deux autres aussi, à ce terme-là, avaient un coeur qui battait à tout rompre. Et qui s'est arrêté quelques semaines plus tard.
Je sais donc qu'il n'y a qu'un seul embryon. Que pour l'instant son coeur bat encore. Qu'il n'y a rien à signaler d'anormal. Comme les deux autres. Voilà.
Je me sens... épuisée. J'ai passé 9 mois, au cours de cette dernière année à vivre enceinte. Neuf mois composés UNIQUEMENT d'un premier trimestre de grossesse, ce premier trimestre qui te lamine, qui te broie littéralement sous la fatigue, qui te malmène sous les nausées constantes, celui que tu supportes habituellement avec joie parce que tu sais qu'il ne dure que 3 mois et qu'au bout des 6 mois suivants, il y aura un bébé. Moi je n'ai aucune certitude.
J'entame ma 9ème semaine, je reste dans cette période formidable où les embryons meurent in utero, à tout moment, comme ça, sans crier gare, parfois sans le moindre symptôme qui t'avertit que c'est terminé. Je finis par connaître cela par coeur. Mon esprit et mon coeur n'arrivent plus à fabriquer les sentiments qui vont avec, tout ça est finalement trop aléatoire.
Je me suis pris une bonne droite, puis une sacrée gauche, qui m'ont mise à terre et dont j'ai eu toutes les peines du monde à me relever. Si je m'investis, si je me projette comme les fois précédentes, un uppercut me laissera définitivement KO. Je ne peux pas prendre ce risque.
Alors j'ai fait une écho aujourd'hui.
Je n'avais pas du tout fait de prise de sang (à quoi bon...) et le Docteur B. qui me suit à l'hôpital de Monaco, reste habituellement assez bienveillant quant à mes refus et mes réserves. Mais il m'a dit qu'on ne pouvait pas écarter l'écho de datation, qui permet de savoir si la grossesse est évolutive ou pas. J'ai dit ok.
Après tout si celui-ci non plus ne vit pas, autant le savoir et le prendre en charge dès maintenant plutôt que le découvrir fortuitement durant mon stage en crèche, qui débutera dans quelques semaines.
Le médecin qui fait l'écho est l'associée du Dr B. qui est un spécialiste de renommée internationale en termes d'échographie obstétricale, basé à l'hôpital de Monaco où je suis suivie.
Elle est ultra-compétente, mais aussi très terre-à-terre. Elle prend connaissance de mon dossier, les deux fausses-couches tardives, les tests, les bilans, puis elle me dit : "mais... mais vous avez trois enfants ??!"
"oui...?"
"Ah boooon, mais ça va alors ! Vous avez suffisamment donné ! Pourquoi vouloir en faire un 4ème ?! Trois enfants c'est largement suffisant, vous êtes assez occupée comme ça !"
"Parce que ce 4ème enfant, c'est notre souhait. Enfin... c'était notre souhait."
"Ah oui. Enfin, parfois vous savez, il vaut mieux ne pas forcer la nature."
C'est tout à fait mon état d'esprit actuel. On est sur la même longueur d'ondes.
Elle commence en endo-vaginal mais ma vessie étant littéralement sur le point d'exploser (la secrétaire m'avait dit qu'il valait mieux y aller vessie pleine), elle ne voit rien. Ni embryon, ni poche.
Alors elle passe en abdominal et m'enjoint à regarder l'écran. Je refuse. Je n'en ai pas la moindre envie. J'avais regardé de toutes les fibres de mon être ces bébés resplendissants de santé virevolter, gigoter avec fougue. J'avais passé et repassé ces images dans ma tête. J'avais projeté une identité pour eux, je m'étais projetée avec eux.
La seule image qui me reste, qui me hante encore à ce jour, est celle de mon dernier bébé, inerte sur cette image en noir et blanc, bougeant doucement avec les ondes du liquide amniotique alors que ma sage-femme secoue frénétiquement mon ventre pour "le réveiller, il est sûrement entrain de dormir, allez bébé, bouge !".
Je ne veux plus vivre ça. Plus jamais.
Elle comprend. Elle me dit qu'elle va malgré tout actionner le doppler cardiaque, car cet embryon-là est bien en vie pour l'instant, et que cela fait partie de l'examen. Je me dis qu'elle ne serait sans doute pas obligée de mettre le son si elle le voulait, mais je comprends pourquoi elle le fait.
J'entends ce bruit, ce coeur qui galope, insolent, assourdissant. Cela ne me fait rien. Je ne me sens pas joyeuse, pas soulagée. Les deux autres aussi, à ce terme-là, avaient un coeur qui battait à tout rompre. Et qui s'est arrêté quelques semaines plus tard.
Je sais donc qu'il n'y a qu'un seul embryon. Que pour l'instant son coeur bat encore. Qu'il n'y a rien à signaler d'anormal. Comme les deux autres. Voilà.
Je me sens... épuisée. J'ai passé 9 mois, au cours de cette dernière année à vivre enceinte. Neuf mois composés UNIQUEMENT d'un premier trimestre de grossesse, ce premier trimestre qui te lamine, qui te broie littéralement sous la fatigue, qui te malmène sous les nausées constantes, celui que tu supportes habituellement avec joie parce que tu sais qu'il ne dure que 3 mois et qu'au bout des 6 mois suivants, il y aura un bébé. Moi je n'ai aucune certitude.
J'entame ma 9ème semaine, je reste dans cette période formidable où les embryons meurent in utero, à tout moment, comme ça, sans crier gare, parfois sans le moindre symptôme qui t'avertit que c'est terminé. Je finis par connaître cela par coeur. Mon esprit et mon coeur n'arrivent plus à fabriquer les sentiments qui vont avec, tout ça est finalement trop aléatoire.
Je me suis pris une bonne droite, puis une sacrée gauche, qui m'ont mise à terre et dont j'ai eu toutes les peines du monde à me relever. Si je m'investis, si je me projette comme les fois précédentes, un uppercut me laissera définitivement KO. Je ne peux pas prendre ce risque.
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mardi 29 août 2017
Grossesse arc-en-ciel
29 août 2017-Le test est positif.
Voilà... ce sera probablement le dernier essai pour nous.
Après une fausse-couche tardive et une MFIU, je ne sais pas quelles sont mes chances de mener une grossesse à terme désormais... mais elles sont de toute évidence très faibles, du coup je ne remets rien en question dans ma vie actuelle.
J'ai un concours à passer en février/mars, un autre examen en juin, je poursuis donc mes révisions comme si cette grossesse n'existait pas.
Quand, il y a un an de cela, j'ai appris que j'étais enceinte pour la 4ème fois, j'ai été folle de joie. Je me suis sentie portée. J'avais fait mille projets, je me réjouissais tellement d'accueillir ce 4ème bébé dans notre foyer, comme nous avions accueilli ses 3 frères et soeur avant lui. J'étais parfaitement sereine.
Hélas, ce petit bébé n'est jamais né.
Quand je suis tombée enceinte à nouveau en novembre, après cette première fausse-couche, j'ai pleuré d'angoisse et de peur absolument tous les jours, jusqu'à ce que j'apprenne que ce bébé-là ne vivait plus, lui non plus.
Cette fois-ci, je ne ressens rien. Je ne me projette plus avec bonheur à la lecture d'un test positif parce que je sais que tout peut arriver, et la vie s'est chargée de m'apprendre que l'angoisse et la peur ne suffisent pas à garder un foetus en vie.
C'est bizarre. Je suis enceinte sans pouvoir me dire que je vais effectivement avoir un bébé dans 9 mois. C'est un peu le chat de Shrödinger de la grossesse, cet état.
Après la MFIU j'ai fait environ trouze milliards d'examens. Tout, absolument tout est revenu normal. Mon gynécologue, le Docteur B., est donc particulièrement serein, lui, dans la mesure où j'ai mis au monde 3 enfants vivants et en santé avant ces deux épisodes.
Il me dit que la première fausse-couche était un coup de pas de bol (les fc c'est en moyenne une grossesse sur 4), que la seconde n'en est pas une puisque c'est assurément le virus de la grippe qui a tué le bébé, il s'agit donc d'une MFIU et c'est différent.
Donc lors de notre dernier rdv il m'avait dit "allez hop hop hop maintenant hein. Parce que bon vous avez 39 ans, on ne va pas non plus attendre 107 ans pour s'y remettre alors que tous les examens sont normaux".
Il m'avait prescrit 2-3 trucs à prendre dès le test positif pour réduire les risques de fausse-couche (aspégic nourrisson, progestérone... mais bon, j'ai travaillé toute ma vie dans l'industrie pharma, je sais ce que c'est qu'un placebo).
Je n'ai même pas encore fait de prise de sang pour confirmer le test pipi. Je ne suis absolument pas investie.
S'il s'accroche c'est bien, mais rien de ce que je peux faire ne le fera s'accrocher si lui non plus n'est pas viable, donc se torturer l'esprit ne sert à rien...
Je ne suis pas terrorisée (ça c'était plus pour ma dernière grossesse, j'étais vraiment dans un état d'anxiété inimaginable, à vérifier ma culotte 45 fois par jour de peur d'y voir du sang, à multiplier les prises de sang pour vérifier que le taux ne baisse pas, les échos toutes les 2 semaines, en espérant le voir vivant, mais en redoutant de tout mon être de le voir mort).
J'ai eu beau être terrorisée, stressée, bouleversée, rongée par l'inquiétude, mon bébé est mort quand même.
J'ai complètement assimilé le fait que la frayeur ne change rien. Je n'ai pas peur. Je me sens juste... je ne sais pas, insensible. Désarmée. Incapable. Inféconde. Je ne me penche pas vers ce bébé, et je ne le laisse pas m'atteindre. Je ne sais pas si c'est beaucoup mieux mais au moins, s'il part, j'aurais moins l'impression de perdre l'esprit sous le poids de cette tristesse et de cet espoir perdu.
Je ne fais évidemment aucune hiérarchie dans la souffrance que représente une grossesse à risque, les menaces d'accouchement prématuré... je sais toute l'angoisse, toute la peur, toutes les larmes que représentent cette période d'incertitude, aussi longue fût-elle, et quelle qu'en soit la raison. Aucune mère ne devrait avoir à vivre cela.
Mais si on m'avait dit : "votre embryon n'a pas réussi à s'implanter correctement. Il y a un problème au niveau de votre endomètre. Il y a eu un hématome, il y a eu un décollement"... j'aurais su que, pour la grossesse suivante, repos absolu et progestérone auraient été prescrits, probablement à raison.
Mais quand rien ne va mal ? Quand ta grossesse se passe de façon absolument normale, quand les nausées sont là pour bien te pourrir tes matinées (mais que tu les accueilles avec joie en te disant que c'est le signe que tout va bien), que tes seins sont tendus et douloureux, que ton ventre s'arrondit, que sur toutes les échos tu vois un bébé qui pète la forme au sein d'un environnement utérin impeccable, et puis qu'un matin on te dit que son coeur est arrêté depuis deux semaines, dix jours... et qu'on ne sait pas, que personne ne sait pourquoi.
Que c'est comme ça, ce sont des choses qui arrivent, c'est la vie, personne ne peut rien faire.
Lors de ma précédente grossesse, à l'écho des 12 SA le médecin m'avait dit "eh bien voilà !! On est sortis de la période à risque, fini le risque de fausse-couche !". Le foetus est mort à 15 semaines, tué par une grippe maternelle fulgurante.
Donc non, finalement le coeur d'un bébé peut s'arrêter n'importe quand. A 15 semaines comme moi, à 20 semaines, à 30, juste avant l'accouchement... aucune médecine ne sait le prévenir, et personne ne sait pourquoi cela arrive.
Quand cette incompréhension totale te fouette de plein fouet, à deux reprises, tu finis par développer une sorte de fatalisme résigné. A quoi ça sert tout ça finalement ?
Je me fiche de mes fonds de culotte. Je n'ai fait aucune prise de sang. Je n'ai encore même pas vu de gynéco.
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dimanche 6 août 2017
Les petites et grosses colères de Vésiculette
Très tôt au cours de cette grossesse (je dirais vers le mois de septembre, j'étais alors enceinte de 4 ou 5 semaines seulement), Vésiculette a manifesté sa présence.
Je n'avais pas trop conscience de son existence, moi, jusqu'alors... et je m'en portais fort bien.
J'aime manger, j'adore cuisiner, pâtisser... je suis super gourmande et ma petite famille aussi.
Elle était particulièrement mécontente quand je mélangeais le gras et le sucre (les produits Kinder notamment la mettaient fort en colère).
Mais à cette époque je mettais encore ces manifestations de colère sur le compte de ma grossesse, de la restauration en liaison froide de la crèche, des gastro-entérites qui couraient dans la crèche...
Début décembre, alors que mon stage se terminait, que j'avais dépassé le stade de la MFIU de mon précédent bébé, et que donc je commençais à me poser un peu auprès de ce nouveau bébé, j'ai appris le décès accidentel et soudain de mon papa.
Je ne sais pas dans quelle mesure ce gros choc émotionnel a joué un rôle dans la suite, toujours est-il que c'est très peu de temps après ce décès que Vésiculette a fait sa première grosse, grosse colère.
J'avais cuisiné des oeufs brouillés aux pommes de terre. Avec les oeufs de nos poules et de délicieuses pommes de terre bio rissolées à la poêle, puis des herbes du jardin... simple, mais un véritable délice. Tellement délicieux, j'en ai mangé deux grosses assiettes.
Et cette nuit-là Vésiculette a fait sa première grosse crise.
Techniquement, une vésicule qui contient des lithiases (calculs) peut rester asymptômatique très longtemps. Il y a des personnes qui vivent toute une vie avec une vésicule pleine de calculs, sans jamais avoir de douleurs !
Mais le jour où elle commence à dysfonctionner, ça n'ira jamais mieux. A cet instant-là, quand la vésicule se contracte trop les calculs commencent à migrer, et c'est la crise de colique biliaire.
Le surlendemain j'avais fait de la semoule au lait et du poisson pané, et Vésiculette me les a mis pour chapeau. Cinq heures de crise et une hospitalisation de 5 jours en chirurgie viscérale.
Normalement, Vésiculette aurait du dégager fissa, dès les premiers symptômes. Quand la vésicule commence à dysfonctionner, les calculs biliaires peuvent migrer (c'est ce qui est à l'origine de ces attaques dont la douleur est horrible) et s'ils migrent dans le pancréas au lieu de dégager tous seuls par la voie normale, c'est la pancréatite aigüe. Cette maladie est potentiellement mortelle.
Mais dans mon ventre il y a un petit bébé qui ne peut pas subir une chirurgie sous AG. Les chirurgiens sont tous d'accord entre eux : nous allons attendre que le bébé soit né.
L'ennui, c'est que parfois, ses colères sont vraiment disproportionnées.
Début mars, j'avais confectionné le gâteau préféré de Fils Aîné, 8 ans : un moelleux à l'ananas caramélisé.
C'est un simple petit gâteau au yaourt, avec du beurre et des oeufs bien sûr, du caramel et de l'ananas.
J'en ai goûté un morceau, absolument minuscule. Si si, vraiment. Pas plus d'1 cm cube à tout péter.
Mauvaise idée.
Vésiculette m'a envoyée fissa aux urgences avec une pancréatite aigüe. Oui oui, la maladie potentiellement mortelle.
Je vous l'avais dit : on ne plaisante pas avec Vésiculette.
Depuis, j'essaie vraiment de la chouchouter, parce qu'il faut tenir bébé encore quelques semaines au chaud. En la ménageant, en évitant ses colères... pour qu'en retour elle me laisse terminer cette grossesse tranquillement.
Ce n'est pas évident. Elle est très susceptible. Un rien la fâche.
Elle râle si je mange plus d'un quart de cuiller à soupe de matières grasses par jour. Elle râle si mes portions sont trop grosses. Mais elle me punit aussi si je ne mange pas assez, ou si je garde un laps de temps trop important entre deux repas.
Mais tant que ce sont de petites colères (nausée, diarrhée, vésicule douloureuse), je gère encore bien.
Elle me prévient quand je dépasse les bornes (un peu comme Maurice le poisson rouge), et désormais je tiens compte de ses avertissements.
Je n'avais pas trop conscience de son existence, moi, jusqu'alors... et je m'en portais fort bien.
J'aime manger, j'adore cuisiner, pâtisser... je suis super gourmande et ma petite famille aussi.
Elle était particulièrement mécontente quand je mélangeais le gras et le sucre (les produits Kinder notamment la mettaient fort en colère).
En octobre-novembre, j'ai débuté un stage en crèche et j'ai commencé à être assez souvent malade. Mal au ventre, nausées, troubles gastriques divers... J'avais préparé une petite trousse à emmener partout avec du doliprane, du spasfon, du maalox.
Mais à cette époque je mettais encore ces manifestations de colère sur le compte de ma grossesse, de la restauration en liaison froide de la crèche, des gastro-entérites qui couraient dans la crèche...
Début décembre, alors que mon stage se terminait, que j'avais dépassé le stade de la MFIU de mon précédent bébé, et que donc je commençais à me poser un peu auprès de ce nouveau bébé, j'ai appris le décès accidentel et soudain de mon papa.
Je ne sais pas dans quelle mesure ce gros choc émotionnel a joué un rôle dans la suite, toujours est-il que c'est très peu de temps après ce décès que Vésiculette a fait sa première grosse, grosse colère.
J'avais cuisiné des oeufs brouillés aux pommes de terre. Avec les oeufs de nos poules et de délicieuses pommes de terre bio rissolées à la poêle, puis des herbes du jardin... simple, mais un véritable délice. Tellement délicieux, j'en ai mangé deux grosses assiettes.
Et cette nuit-là Vésiculette a fait sa première grosse crise.
Techniquement, une vésicule qui contient des lithiases (calculs) peut rester asymptômatique très longtemps. Il y a des personnes qui vivent toute une vie avec une vésicule pleine de calculs, sans jamais avoir de douleurs !
Mais le jour où elle commence à dysfonctionner, ça n'ira jamais mieux. A cet instant-là, quand la vésicule se contracte trop les calculs commencent à migrer, et c'est la crise de colique biliaire.
Le surlendemain j'avais fait de la semoule au lait et du poisson pané, et Vésiculette me les a mis pour chapeau. Cinq heures de crise et une hospitalisation de 5 jours en chirurgie viscérale.
Normalement, Vésiculette aurait du dégager fissa, dès les premiers symptômes. Quand la vésicule commence à dysfonctionner, les calculs biliaires peuvent migrer (c'est ce qui est à l'origine de ces attaques dont la douleur est horrible) et s'ils migrent dans le pancréas au lieu de dégager tous seuls par la voie normale, c'est la pancréatite aigüe. Cette maladie est potentiellement mortelle.
Mais dans mon ventre il y a un petit bébé qui ne peut pas subir une chirurgie sous AG. Les chirurgiens sont tous d'accord entre eux : nous allons attendre que le bébé soit né.
L'ennui, c'est que parfois, ses colères sont vraiment disproportionnées.
Début mars, j'avais confectionné le gâteau préféré de Fils Aîné, 8 ans : un moelleux à l'ananas caramélisé.
C'est un simple petit gâteau au yaourt, avec du beurre et des oeufs bien sûr, du caramel et de l'ananas.J'en ai goûté un morceau, absolument minuscule. Si si, vraiment. Pas plus d'1 cm cube à tout péter.
Mauvaise idée.
Vésiculette m'a envoyée fissa aux urgences avec une pancréatite aigüe. Oui oui, la maladie potentiellement mortelle.
Je vous l'avais dit : on ne plaisante pas avec Vésiculette.
Depuis, j'essaie vraiment de la chouchouter, parce qu'il faut tenir bébé encore quelques semaines au chaud. En la ménageant, en évitant ses colères... pour qu'en retour elle me laisse terminer cette grossesse tranquillement.
Ce n'est pas évident. Elle est très susceptible. Un rien la fâche.
Elle râle si je mange plus d'un quart de cuiller à soupe de matières grasses par jour. Elle râle si mes portions sont trop grosses. Mais elle me punit aussi si je ne mange pas assez, ou si je garde un laps de temps trop important entre deux repas.
Mais tant que ce sont de petites colères (nausée, diarrhée, vésicule douloureuse), je gère encore bien.
Elle me prévient quand je dépasse les bornes (un peu comme Maurice le poisson rouge), et désormais je tiens compte de ses avertissements.
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